Le glacier de Tortin vu depuis le télécabine qui mène au point culminant du Mont-Fort, à 3300 m. En haut du glacier, les crevasses se multiplient, compliquant encore sa skiabilité. | SSE/HDN

Au Mont-fort, la montagne en chantier pour préparer l’après-ski

C’est le point culminant du domaine skiable des 4 vallées, dont la vue imprenable nourrit la fierté valaisanne. Ce 29 août, le glacier de Tortin a une piètre allure, entre crevasses, éboulements noirâtres et couvertures pour sauver un peu de la neige de l’an dernier. Aujourd’hui ne dévalent en hiver la piste noire du glacier plus que les sportifs experts, tandis que se multiplient les travaux pour élargir les activités.

Publié le 06 septembre 2022 13:28. Modifié le 07 septembre 2022 11:14.

Il faut emprunter une succession de quatre téléphériques depuis Verbier pour rallier, à pied ou à ski, le Mont-Fort, à 3300 mètres d’altitude. Mais le jour de ma visite, la liaison jusqu'au col des Gentianes est interrompue pour maintenance. Pas le choix: pour aller là-haut, il faut conduire sur une route de service caillouteuse qui sillonne les roches brunes recrachées au fil des ans par des glaciers qui n’existent déjà plus. Au-delà des alpages fréquentés par les vététistes et les promeneurs s’étend un paysage lunaire dessiné par la roche, le gravier et les cailloux. «Ici, il y a 150 ans, on était sous la glace», glisse en tenant le volant Christophe Lambiel, maître d'enseignement et de recherche à l’UNIL et spécialiste de la géomorphologie des montagnes, que j’accompagne là-haut ce matin.

Il me désigne, en hauteur, le glacier de la Chaux – ou plutôt ce qu’il en reste: à peine «5% de sa couverture passée», soupire le scientifique. Il n’est pas glaciologue, mais spécialiste du pergélisol, ou permafrost - soit le sol gelé en permanence tout au long de l’année, que l’on rencontre le plus souvent à trois ou quatre mètres de profondeur. «Par la force des choses, je me suis aussi intéressé aux glaciers, explique celui qui monte aujourd’hui préparer des forages pour la pose de nouveaux capteurs, afin de suivre l’état de santé de la montagne dans le cadre du réseau scientifique PERMOS.

Réservé aux abonnés

Cet article est réservé aux abonnés.

Déjà abonné(e) ? Se connecter