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Aletsch, géant apprivoisé qui n’a pas livré tous ses secrets

Emblème alpin, le grand glacier d’Aletsch tremble mais résiste au changement climatique. Pour combien de temps encore? Le titan à trois têtes inspirait jadis la terreur. Aujourd’hui, on redoute de le voir disparaître, tandis qu’émergent avec la fonte des glaces des vestiges du passé, comme un avion accidenté en 1968 qui a resurgi en août dernier. Les sommets et cols qui le cernent, comme le Jungfraujoch, sont des avant-postes scientifiques précieux pour comprendre ce qui se trame.

Publié le 13 septembre 2022 09:00. Modifié le 14 septembre 2022 14:41.

Ce matin, j’ai rendez-vous avec un glacier. Et pas n’importe lequel: le plus grand glacier des Alpes, Aletsch, qui surplombe les cantons de Berne et du Valais. Je me suis mise sur mon 31 – chaussures de randonnée et vêtements étanches. Un équipement somme toute inutile: l’ascension se réserve facilement sur smartphone, et se fait au sec. D’abord un téléphérique depuis Grindelwald pour rallier l’Eiger, puis le mythique train à crémaillère qui circule dans un tunnel taillé dans la montagne, et me voici à Jungfrau «Top of Europe», bâtiment perché à plus de 3400 mètres d’altitude sur le bord du Jungfraujoch, ouvert sur de vastes verrières – et de trop rares plateformes extérieures – qui donnent à admirer, entre deux boutiques de souvenirs ou de montres suisses, les langues blanches interminables de ce monstre sacré.

Un glacier à trois têtes, comme Cerbère gardant les Enfers

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