Carte thermique de Genève en été à l’horizon 2020-2049 | SITG

Fournaise en ville, quelles solutions pour quelques degrés de moins?

60% de la population sera urbaine à l'horizon 2030. Mais avec le changement climatique, les températures estivales des villes tempérées tutoient désormais celles des déserts du Far West. Quelles solutions pour rafraîchir ces rues en surchauffe? Comment perdre quelques précieux degrés? Tour d'horizon... et avantage aux low techs.

Avec les canicules, nos étés sont devenus meurtriers. Rien qu’en 2015, deuxième été le plus chaud de Suisse, 800 personnes sont décédées des suites des fortes températures, selon MétéoSuisse. La plupart étaient des personnes âgées vivant en ville. Car villes et campagnes ne sont pas égales: dans les cités denses et peu végétalisées, le rayonnement solaire est emmagasiné par des matériaux qui stockent la chaleur, comme le béton, le ciment ou l’asphalte, et la restituent la nuit, lorsque la température ambiante diminue. Résultat: les températures nocturnes ne peuvent baisser suffisamment, et rebelote le jour suivant. La fournaise s’installe.

Le phénomène porte un nom: îlot de chaleur urbain (ICU). C’est à Luke Howard, un pharmacien britannique féru de météorologie du 19e siècle, également connu pour ses contributions à la nomenclature moderne des nuages, qu’on doit sa découverte. Le savant a consacré des années entières à relever les températures à Londres, sa banlieue et sa campagne. Le constat: les villes sont plus chaudes, un effet d’autant plus prononcé la nuit. Autrement dit, les villes, par leur étendue, leur densité et leurs activités — à l’époque de Howard, l’industrie et le chauffage domestique, aujourd’hui, les véhicules motorisés et les climatiseurs— ont accidentellement créé leurs propres microclimats.

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