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En dernier recours, qu’est-ce qu’on mange?

Nous serons 10 milliards d’humains sur Terre en 2050, et autant de bouches à nourrir. Le défi est immense, non seulement à cause du changement climatique qui menace l’agriculture, mais aussi parce que notre alimentation contribue à réchauffer la planète. Comment briser ce cercle vicieux? Dans la quête de solutions pour des systèmes alimentaires résilients, le bon sens semble devancer la technologie à tout va.

Les menaces du réchauffement climatique sur la sécurité alimentaire mondiale ne sont plus une fiction. Selon le rapport publié en 2019 par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), la hausse des températures affecte d’ores et déjà des cultures largement consommées aux quatre coins de la planète, comme le blé ou le maïs. A l’horizon 2050, le prix des céréales pourrait augmenter jusqu’à 30% à cause du changement climatique, avec des répercussions sévères sur les consommateurs les plus pauvres: par rapport à un scénario sans changement climatique, jusqu’à 183 millions de personnes supplémentaires seraient menacées par la faim.

La pression des ravageurs et maladies va également augmenter, tant sur les cultures que les animaux d’élevage. «Avec l’augmentation des températures, les besoins en réfrigération seront plus importants pour que les aliments arrivent jusqu’au consommateur dans des conditions sanitaires qui empêchent le développement de germes», ajoute Sandrine Dury, spécialiste des systèmes alimentaires au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) en France. Cette augmentation des besoins en matière de réfrigération va de pair avec une hausse de la consommation énergétique, ce qui a non seulement un coût, mais aussi des conséquences sur le climat.

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