Affiches électorales à Genève en vue de l'élection complémentaire du 7 mars 2021. (KEYSTONE/Martial Trezzini)

Une politique au service de la communication

Alors que s’ouvre ce lundi devant le Tribunal de police de Genève le procès du Conseiller d’Etat accusé d’avoir accepté les avantages d’un voyage tous frais payés à Abu Dhabi en 2015, nous avons choisi de nous pencher sur ce qui ne sera pas abordé devant la juge Sabina Mascotto: son bilan politique. Ses partisans ne cessent de le répéter: ce voyage et les mensonges qui ont suivi ne sont qu’une broutille dans une carrière politique sans faute. Vraiment? Maître dans l’art de la communication, ayant sans cesse visé l’échelon supérieur, Pierre Maudet a façonné un personnage. Mais a-t-il transformé la République autant qu’il le dit?

Dans la pièce de Molière, Charlotte tombe sous le charme de Don Juan, envoûtée par le verbe de l’imposteur qui lui susurre des mots doux et l’assure de ses nobles intentions. La jeune fille a pourtant quelques doutes: «Je ne sais si vous dites vrai, ou non; mais vous faites que l’on vous croit.» Et si Pierre Maudet était ce Don Juan, séduisant la République par la fougue de sa jeunesse, son éloquence, son énergie, sa détermination et surtout son art consommé de la communication?

Servir Genève a été le credo répété chaque jour de son ascension politique fulgurante. Mais que reste-t-il de ses années au sein des exécutifs de la Ville de Genève et du canton? Et quelles ont été ses méthodes? Au-delà du procès, ces questions aussi se posent alors que le conseiller d’État indépendant demande aux Genevois de lui renouveler, malgré tout, leur confiance lors de l’élection complémentaire du 7 mars 2021. L’intéressé, lui, n’a pas souhaité contribuer à cet exercice.

Le culot d’un sans-culottes

Un bilan? Au détour d’une conversation, un ancien membre de la garde rapprochée du conseiller d’Etat fait remarquer: «Le plus curieux, c’est qu’il n’a jamais vraiment dû défendre son action politique. En campagne quasi-permanente, il a toujours été vu comme une sorte de messie. Or, un messie incarne l’avenir; on ne regarde pas ce qui a été fait. C’est assez extraordinaire.»

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