A gauche, Pierre Maudet pose pour l'élection du Conseil Administratif de la ville de Genève en mars 2007. A droite, il s'explique en 2020 sur son voyage à Abu Dhabi. (Photos: Martial Trezzini / KEYSTONE)

De «Monsieur Propre» à M le menteur

Avant de s’enfoncer en cumulant les mensonges, Pierre Maudet s’est longtemps arrogé le monopole de la vertu en politique. Cette posture est indissociable de son ascension politique, notamment pour accéder à l’exécutif de la Ville de Genève, son premier succès électoral. Il récidive en arrivant au Conseil d’État. Puis il trébuche, s’embourbe et chute. Lui n’y voit qu’une «erreur d’appréciation».

Héritage. Ce mot revient comme une anaphore dans le discours que prononce Pierre Maudet le 31 mai 2018 dans l’auguste décor de la cathédrale Saint-Pierre. Il vient d’être  désigné président du Conseil d’État après une élection triomphale. A l’aide de cette figure de style, il décline à l’envi l’héritage qu’il entend léguer à la population et aux générations futures, à travers la réalisation de grands projets. Deux ans et demi plus tard, il est un conseiller d’État sans dicastère, sans parti, sans influence, en passe de comparaître devant le tribunal de police.

En politique, pourtant, le terme «héritage» désigne un fait, une impression ou une image qui restera, effaçant tout le reste. Après l’assaut de ses partisans sur le Capitole, personne ne se souviendra de la réforme fiscale de Donald Trump. Pour Pierre Maudet, il en va de même: ses accomplissements ne pèsent pas lourd face à la succession de mensonges adressés à la population, à son parti, au Conseil d’État, au Grand Conseil, à la justice et même au fisc.

Cet article est réservé aux abonnés.

S'abonner

Déjà abonné(e) ? Connectez-vous