Pierre Maudet devant le PLR genevois, le 15 janvier 2019. (KEYSTONE/Valentin Flauraud)

De droite ou de gauche, leur cri de ralliement est TSM (Tout Sauf Maudet)

Jamais peut-être une élection genevoise n’a donné lieu à un tel tir de barrage contre un candidat. Jamais ne s’était constituée une aussi improbable coalition, réunissant la gauche et la droite, pour empêcher un prétendant. Pierre Maudet, toujours conseiller d’Etat mais démissionnaire et privé de dicastère, sans parti depuis son éviction du PLR et devant bientôt faire face à la justice, pose un problème majeur à la République.

Il y a bien sûr les ennemis de toujours. Il se trouve qu’une bonne partie de ceux de Pierre Maudet portent un uniforme. «On le croyait mort et pourtant il se relève encore, tel le zombie dans un mauvais film d’horreur à qui les héros doivent couper la tête pour en finir», commence sans ménagement un communiqué du syndicat genevois de la police judiciaire de cette fin janvier. Les flics ne font pas dans la dentelle. Ils n’ont pas pardonné à Pierre Maudet sa réforme de la police, acceptée de justesse en votation en 2015, à 54 voix près.

Il y a aussi les opposants naturels, qui sans surprise se recrutent plutôt à gauche. «Sans admettre pleinement ses erreurs, Pierre Maudet ne peut revenir en politique», clame Romain de Sainte Marie, coprésident du PS genevois. «Même si revenir n’est pas le terme adéquat car il n’est jamais vraiment parti. Il aurait dû s’éloigner de la politique pour une longue période. Dans son cas, cela aurait été sa seule manière d’avoir une chance de renouer avec la fonction politique.» Pour ce député au Grand Conseil, ce n’est ni l’action politique ni le bilan de Pierre Maudet qui suscitent le rejet, mais bel et bien la légitimité morale et éthique de la candidature de cet homme qui a menti à ses concitoyens et à la justice.

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