Le Doron de la série Fauda et la place Itzhak Rabin en fond, vus par Dimitri Procofieff pour Heidi.news

Israël, la nation start-up entre guerre et paix

Il est temps de conclure ce grand récit sur Tsahal, ce gigantesque département de ressources humaines, le meilleur au monde. En Israël, comme nous l'avons vu tout au long de notre enquête, l'armée est un prodigieux moteur d'innovation, dans la tech essentiellement. Mais le prix à payer, notamment psychologique, est parfois lourd. Un ancien espion en témoigne.

Publié le 11 mai 2022 07:03. Modifié le 11 mai 2022 07:34.

Un soir de novembre, sur la place Itzhak Rabin de Tel-Aviv. Théâtre du dernier discours d’un Israélien qui croyait en la paix, la voilà vide à présent. Les rares passants emmitouflés traversent à la hâte ce haut lieu de la mémoire. Dans la pénombre, un homme chemine tranquillement: c’est Doron. Avec son chandail crème en laine épaisse, son smartphone dernier cri et son vélo noir un peu déglingué, il a la dégaine du trentenaire bobo made in Tel Aviv. Un type anodin sur lequel vous ne vous retourneriez pas dans la rue. Si vous osiez soutenir le regard que cachent ses grosses lunettes d’intello, un autre homme vous apparaîtrait pourtant: l’officier de l’unité de cyber-espionnage 8200 qu’il fut pendant six ans.

La surveillance est devenue une seconde nature pour Doron, qui ne me lâche pas des yeux une seconde. Le choix des mots, l’expression du visage, le langage non-verbal, il scanne tout. Une attitude involontairement intimidante, car la rencontre se déroule dans un contexte détendu. Elle a été arrangée par le vétéran et activiste Yehuda Shaul. Cet ami de Doron, qui s’est porté garant de mon intégrité professionnelle, est le fondateur de la très controversée association Breaking the Silence qui regroupe les vétérans israéliens dénonçant les agissements de l’armée en Cisjordanie.

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