Dessin: Didier Kassaï pour Heidi.news

Des engrais bio pour sortir les agriculteurs africains de la pauvreté

Au Burkina Faso comme sur le reste du continent, la course aux engrais chimiques a fait des dégâts. Si gros que les sols brûlent, menaçant l’avenir de leurs exploitants. Que deviendront ces paysans sans terres fertiles? Un agronome burkinabè a trouvé un moyen d’arrêter l’incendie, avec un engrais biologique.

Entre les larges feuilles vert chlorophylle, des centaines de papayes attendent d’être cueillies. Dans les champs voisins, la peau des poivrons luit sous le soleil de midi et les arachides affichent des formes généreuses. Au loin, Aimé Kaboré tend le bras pour saisir une de ses mangues, rougie et juteuse. A Koubri, au centre du Burkina Faso, la parcelle de ce jeune agronome burkinabè attire les curieux. C’est un oasis de cultures en terre désertique. «Il y a deux ans, il n’y avait rien ici, à part une étable avec des boeufs. Le sol était trop pauvre. Regardez, on voit encore les reliques de toute cette terre dégradée», montre-t-il en grattant le sol sec et sableux, aux abords de son exploitation.

L’agronome de 33 ans a réussi à rendre leur fertilité à ses terres grâce à l’engrais naturel et local qu’il a créé. Baptisé Nekyam - «l’éveil», en langue locale, il est produit au cœur de cette exploitation test. «Je vous préviens, ça ne sent pas la rose», s’excuse le jeune patron en se dirigeant vers son atelier de production. Son engrais, Aimé Kaboré le fabrique à partir de déchets organiques réduits en poudre. Assises sur le sol, cinq employées prennent des poignées de biomasse dans des sacs et les déposent dans des bassines. La production de l’engrais va commencer. Fred Kiema, responsable de la production:

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