Un homme passe dans la Galleria Vittorio Emanuele II déserte. Photo: Gabriele Galimberti / Riverboom
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Le coronavirus nous rend-il indifférent aux autres morts ?

Il y a les morts du coronavirus et les autres. Ceux qui s'éteignent banalement dans leur lit d'une crise cardiaque et qu'on n'arrive pas à pleurer parce l'épidémie occupe toute la place. Gea, notre journaliste coincée à Milan, raconte cette «quantité énorme de souffrance qui ne peut pas se manifester.»

Publié le 28 mars 2020 04:55. Modifié le 11 août 2020 17:39.

«Mon père est mort cette nuit.»

Ce message, je l’ai lu au réveil, dans mon lit, après avoir farfouillé dans les draps, où j’avais jeté mon portable la veille. Avant que la tristesse ne rattrape mon sommeil et ne commence à m’envahir, je me suis tout de suite dit que je ne savais même pas que le père d’Alice avait le coronavirus: elle ne m’en avait pas parlé. «Quelle poisse!» ai-je pensé: il était en Sicile et il y a encore peu de cas là-bas, comment est-ce arrivé?

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