Un sans-abri à Milan, le 23 mars. EPA/DANIEL DAL ZENNARO
Milan aux temps du coronavirus | épisode № 26
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Cette époque étrange, où les bourgeois sont confinés et les SDF ensoleillés

Le 1er avril, fin de la trêve hivernale, les foyers municipaux ont fermé, jetant dehors des milliers de nécessiteux. Gea, notre correspondante à Milan, en a recontré certains à l’Opera San Francesco, association caritative qui distribue des paniers-repas aux naufragés de l'épidémie.

À l’Opera San Francesco, association caritative située dans le quartier le plus bourgeois et le plus huppé de Milan, une queue a commencé à se former entre les immeubles Art nouveau et les restaurants étoilés. Il est 11h30, la distribution n’a lieu qu’à midi, mais ceux qui se pressent là n’ont souvent rien d’autre à faire qu’attendre.

Ce sont des migrants et des mendiants, des SDF et des livreurs uberisés, des travailleurs précaires qui n’ont rien gagné depuis le début de la crise. Ce sont aussi des pères de famille que le divorce et le chômage obligent à dormir en foyer, comme ils le précisent, un peu gênés, lorsqu’ils comprennent que je suis journaliste, peut-être pour se distinguer des autres et se convaincre que, dans des circonstances normales, ils ne seraient pas là.

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