Le bois de Ballens vu du stade de foot, première victime collatérale de la future méga-gravière de LafargeHolcim. Photo: Claude Baechtold

La forêt qui valait un milliard

Nous avons vu au 1er épisode qu’une étrange réunion allait avoir lieu près d'Ollon, dans l’est vaudois, entre deux éclaireurs de la firme Orllati et des paysans retranchés dans l’abbaye millénaire de Salaz. Nous avons aussi constaté que le canton de Vaud souffrait d’une terrible addiction au sable, lequel se fait rare. Passons maintenant de l’autre côté du canton. A Ballens, près de Morges, s’est joué une autre bataille, dont la première manche a été remportée par le géant Holcim.

Pour comprendre les enjeux financiers du bac à sable vaudois, il suffit de se pencher sur la commune de Ballens, dans le district de Morges, dont la forêt couvre plus gros gisement de sable du canton: 18,5 millions de mètres cubes, soit un quart des réserves cantonales.

On parle du monde des gravières comme d’un monde secret, mais je dois avouer qu’à chaque fois que je l’ai rencontré, il m’a ouvert ses portes avec beaucoup d’amabilité et de transparence. En revanche, il reste très discret sur ses investissements et ses rendements, en particulier quand il s’agit du bois de Ballens. Vous comprendrez bientôt pourquoi.

Pour l’instant, nous devrons faire preuve d’un peu d’imagination. Disons que vous êtes l’exploitant de la carrière de Ballens. A vos calculettes: vous verrez que ce n’est pas très compliqué, et il n’y a que des bonnes nouvelles!

Voyons d’abord la valeur de la matière première. Le prix de gros du sable est de CHF 20  la tonne soit CHF 30 le mètre cube (la densité du sable est d’environ 1,5 tonne par m3). La valeur du sable de Ballens est donc de:

18,5 millions x 30 = CHF 555 millions, soit presque toute la dette du canton de Vaud.

C’est déjà une belle somme, d’autant que si, depuis un siècle, le prix du sable a augmenté régulièrement, il n’a jamais baissé. Le très sérieux magazine Nature estime même qu’il augmentera de 50% en vingt ans. Mais accrochez vos ceintures: le bac à sable magique n’a pas encore livré tous ses secrets.

Car il y a un deuxième business dont on ne parle pas assez, vu son ampleur: celui des déchets de chantier.

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