Illustration: Anne-Gaëlle Amiot pour Heidi.news

L'envol suspendu des ports francs d'Yves Bouvier

Yves Bouvier était surnommé «le roi des ports francs». Il était en passe d’en devenir l’empereur, avec des franchises partout sur terre, quand il a été stoppé net par son arrestation à Monaco et la guerre déclenchée par celui qui fut son meilleur client, Dmitry Rybolovlev. Ses deux Freeport, à Luxembourg et Singapour, tournent au ralenti. Le premier est à moitié vide et le second n’a jamais rapporté d’argent. Son principal locataire, la maison d’enchères Christie’s, l’a quitté récemment, de même que plusieurs banques qui y stockaient de l’or. Pourtant, le Genevois rêve encore de nouveaux ports francs, à Dubaï ou Vladivostok, mais doit attendre la fin du conflit avec l’oligarque russe.

Le taxi s’arrête devant un bâtiment gris et menaçant, sous une pluie battante. Un gardien actionne le sas du Freeport du Luxembourg sous le regard du grand duc Henri et son épouse Maria Teresa, dont un portrait trône au mur. Accessible directement depuis le tarmac de l’aéroport, cet ensemble à 60 millions d’euros de barbelés et de béton des architectes genevois du bureau 3mb3, croisement entre une base sous-marine et un film d’espionnage, a été pensé pour abriter de grands trésors. Onze mille mètres carrés pour 700’000 bouteilles de vins, des voitures de collection, des tableaux. Appareil de reconnaissance des flux sanguins des doigts de la main, caméras thermiques, système anti-feu à l’azote, oscilloscope et matériel militaire, alerte connectée à la police luxembourgeoise qui intervient en 3 minutes: le dispositif de sécurité impressionne mais ne parvient pas à dissiper l’impression que l’endroit tourne au ralenti.

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