Dave Lennon dans les bureaux de Novartis Gene Therapies à Libertyville. | Paolo Woods pour Heidi.news

Une loterie sur la vie des enfants: l'invention très controversée de Novartis

Où l'on rencontre un ancien très haut dirigeant de la pharma suisse qui défend le prix exorbitant du Zolgensma ainsi que la loterie polémique dont le gros lot est la survie de son enfant.

Publié le 04 février 2022 12:30. Modifié le 08 février 2022 09:00.

Pour rejoindre la salle de conférence où le PDG de Novartis Gene Therapies nous attend, il faut traverser de longs couloirs, des salles de repos et de jeux, une cantine où tout est gratuit, des open space immenses. Même si AveXis a été digérée par Novartis et qu’elle est devenue la branche thérapie génique de la multinationale bâloise, les bureaux de Libertyville, dans l’Illinois — où nous nous étions déjà rendus dans l’épisode 1 —, ont conservé les marqueurs fondamentaux d’une start-up.

On n’a pas pris encore le temps de remplacer le nom d’AveXis sur les murs, ni le X qui prend la forme d’une double hélice d’ADN, ni le slogan de la compagnie aujourd’hui dissoute: «Intégrité. Ténacité. Esprit d’équipe. C’est ainsi qu’on gagne.» Des panneaux provisoires estampillés Novartis se servent aussi de l’image d’un bébé au-dessus de leur message: «Bienvenue dans l’entreprise leader mondial de la thérapie génique. AveXis est maintenant Novartis Gene Therapies.»

Dave Lennon est en chemise claire et en jeans, il est appuyé contre l’immense baie vitrée qui donne sur des jardins entretenus et le réservoir d’eau de Libertyville. Avant d’être nommé PDG, Dave a étudié la biophysique et la médecine moléculaire. Il est depuis onze ans un employé modèle de Novartis. «Pendant mes études, j’ai assisté au séquençage du génome humain. C’était euphorisant. On pensait que, en quelques années, nous pourrions développer les premiers traitements en thérapie génique. C’était le début des années 1990 et malheureusement, ce n’est qu’aujourd’hui que nous assistons enfin à cette révolution.»

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Dave Lennon répond à toutes les questions avec une égale humeur. Il évoque l’achat de AveXis par Novartis pour le prix record de 8,7 milliards de dollars, «parce que nos espoirs sont grands de pouvoir démontrer que le Zolgensma relèguera le premier traitement existant, le Spinraza». Il évoque le coût du traitement lui-même, qui ne se fonde pas sur le coût de la recherche, mais sur le fait qu’il est moins cher que ses concurrents. «Contrairement aux autres options thérapeutiques, il consiste en une dose unique.»

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