La tête d’un tunnelier lors du chantier du tunnel de base du Lötschberg, en septembre 2001. Le percement a produit 16,6 millions de tonnes de déchets toxiques, de quoi remplir un train de 4100 km de long. (KEYSTONE/Andree-Noelle Pot)

Où sont passés les millions de tonnes de déchets toxiques du Lötschberg?

3e épisode de notre polar alpin où tout est vrai, hélas. Les trois propriétaires de Blausee AG, dont les truites sont mortes en masse dans le lac Bleu, ont donné une conférence de presse à Berne qui met le scandale en une de tous les journaux alémaniques. Mais... le travail de la police et de la justice, c'est autre chose. Et les pollueurs, dans cette affaire, semblent étrangement protégés. Jusque là, on ne parle que des déchets issus de la rénovation du tunnel de faîte du Lötschberg. Mais l’enquête de Reportagen et de Heidi.news lève un autre lièvre, ou plutôt une autre montagne: les déchets du tunnel de base de la NLFA.

Publié le 05 octobre 2022 17:37. Modifié le 12 octobre 2022 13:45.

Le scandale du lac Bleu éclate enfin le 17 septembre 2020. Le lendemain, les truites mortes sont en première page des journaux. Mais pourquoi ni la société ferroviaire Berne-Lötschberg-Simplon (BLS), ni la carrière de Mitholz, ni les autres personnes impliquées dans les dégâts causés à la pisciculture n’ont-ils pas trouvé une solution extrajudiciaire, évitant ainsi le feu des projecteurs?

Dans cette question se glisse l’acceptation d’une causalité entre la mort des poissons et l’assainissement du tunnel de faîte du Lötschberg. Qu’en est-il? Selon le professeur Walter Wildi, géologue suisse spécialisé dans les questions de résidus toxiques et d’environnement, «un fort lien de causalité est probable». Une affirmation qui reste floue en fonction de la lecture qu’on souhaite en faire. Comme le dirait l’inégalable poésie de la jurisprudence du Tribunal fédéral:

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