La grotte Ernesto, située dans le Trentin (nord de l'Italie), a été protégée des incursions depuis sa découverte accidentelle. Ses stalagmites intactes sont de véritables archives, permettant de reconstituer l'histoire climatique et les impacts des activités humaines. Photo : Andrea Borsato

Le défi de la géologie au présent

Le marqueur choisi pour définir le début d'une unité de temps géologique doit exister au même moment sur toute la planète. Or il est plus facile de trouver un tel événement quand on regarde loin en arrière. Mais une grotte italienne pourrait bien aider notre groupe de travail sur l'Anthropocène pour placer son clou d’or.

Un vif murmure accompagne l'annonce de la découverte. Ici, une surface rocheuse exposée en surface avec un motif régulier, rectangulaire, différent de tout ce qui est produit par les processus géologiques normaux; là, des couches de galets anguleux revêtus d'une couche organique dure. Les vestiges d'une longue structure tubulaire, aujourd'hui oxydée, qui était autrefois métallique. Le géologue Jan Zalasiewicz imagine qu'une espèce intelligente découvre la preuve irréfutable de notre existence sur Terre, longtemps après la disparition de l'humanité. Pour ce point de départ imaginaire à un livre de géologie bien réelle (La Terre sans nous, publié en 2008), Zalasiewicz se projette dans 100 millions d'années – échelle classique en géologie.

Un confortable recul dont ne dispose pas le groupe de travail sur l'Anthropocène qui cherche à définir cette nouvelle époque géologique dont l'humain est la force principale de transformation. Sous la houlette de Colin Waters et Jan Zalasiewicz, les chercheurs travaillent sur une échelle de temps très courte. Pas même un siècle les sépare du début de cette nouvelle époque dont ils veulent définir le clou d'or, le point de référence enregistré dans les strates de la planète.

«Les enregistrements géologiques sont très très lents, en particulier dans les océans où il ne se dépose que quelques millimètres de sédiments en mille ans, rappelle l’océanographe Catherine Jeandel (CNRS), membre de ce groupe de travail. Alors évidemment, parler d'une nouvelle époque qui a commencé il y a 70 ans, avec la ''grande accélération'' (voir épisode précédent), c'est provocateur et certains disent qu'il faut attendre.»

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