La sortie du carottier sur le bateau de l'IOW qui sert pour les missions de carottage en mer. Photo: IOW / S. Kube

La «grande accélération», c'est où?

L'augmentation du taux de CO2 dans l'atmosphère est notable dès le 19ème siècle mais décolle vraiment dans les années 1950, «à tel point qu'il faut remonter plusieurs milliards d'années pour trouver la même composition atmosphérique». La date du début de l'Anthropocène se précise donc. Encore faut-il placer son clou d’or, l’incarnation stratigraphique de cette époque. La mer Baltique et ses microplastiques font partie des favoris.

Une étrange ligne de crête surlignée de rouge se dessine dans le hall de la Faculté des Sciences de Berne. Des montagnes bleues aux arêtes abruptes, hérissées de sommets pointus, se déploient le long d'un mur, sur plusieurs mètres. 800.000 ans de variations du taux de CO2 dans l'atmosphère terrestre sont représentées en un graphique géant, en relief. Soudain, la ligne rouge n'oscille plus mais se met à grimper presque droit, traçant comme la paroi infranchissable d'une montagne dont on ne voit pas le sommet, écrasant tout le reste. Le tracé devrait crever le plafond du couloir pour atteindre le niveau actuel de CO2 dans l'atmosphère: 415 ppm (parties par million). Pendant près de 800.000 ans aucun pic n'avait dépassé les 300 ppm.

De nombreuses courbes se superposent à celle du taux de CO2 au 20ème siècle avec le même profil: émissions de méthane, température de surface, acidification des océans, ou encore croissance de la population, consommation d'énergie, d'eau, construction de grands barrages, utilisation de fertilisants en agriculture, tonnes de poissons pêchés... Toujours ce tracé brutalement ascendant à partir du milieu du 20ème siècle, à partir des années 50-60. Les chiffres de la démographie sont éloquents: nous étions 1,6 milliard d'humains sur Terre en 1900, trois milliards en 1960, le double en 2000, presque huit milliards aujourd'hui.

Cet article est réservé aux abonnés.

S'abonner

Déjà abonné(e) ? Connectez-vous