Le guide Baedeker 1921 qui m'a accompagné cet été. Photo de Serge Enderlin

Le mythe et le territoire

La Suisse, telle qu’aperçue pendant l’été 2020 en pédalant sur ses monts et dans plaines, à la mi-temps du coronavirus. Un pays à l’insouciance désemparée. Le sonderfall a enfin vécu. Dernier épisode de ce tour de Suisse dont vous avez pu (presque) piloter le reporter.

«Fais court, nerveux, brillant». L’injonction date d’hier soir à 18:43. Elle s’adressait à l’auteur de ces lignes et provenait du cofondateur et directeur éditorial du média, un certain Serge M. Le même individu qui, début juillet, n’avait pas hésité à m’expédier sur un vélo électrique aux quatre coins de la «République de Suisse», comme disent les Français qui ne conçoivent aucune autre forme d’organisation politique. Le 1er août, donc, j’ai suivi le discours de la présidente de la République, une certaine Simonetta S., que l'on dit socialiste.

Je l’ai écoutée de loin, j’étais en rade à Viège, au fond du Valais, assommé par la canicule de la plaine du Rhône, 37 degrés, trop chaud pour être heureux. Que disait la présidente? Que nous étions tous des héros, certains davantage que d’autres, et que ce n’était pas terminé. Elle ne parlait pas de ceux, très nombreux, qui pédalent cet été dans les décors étourdissants du territoire helvétique, mais des soldats du feu en lutte contre l’incendie viral démarré à Wuhan un jour du troisième trimestre 2019.

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