Au sommet du Schilthorn avec George Lazenby. Photo: Serge Enderlin

L’Oberland sans les hordes

Les lecteurs de Heidi.news ne nous l’ont pas demandé, mais comme nous passions dans le coin, nous en avons profité. A quoi ressemble l’endroit le plus touristique du pays au temps du coronavirus?

Comment dire? En théorie, c’était un rêve de cycliste, deux lacs turquoise en enfilade, celui de Thoune, celui de Brienz, rouler dans une carte postale. Le temps de se rappeler que leur apparence singulière est due au calcaire moulu par les glaciers, dont les particules en suspension dans l’eau absorbent toutes les couleurs du spectre solaire sauf une qu’elles réfléchissent, le bleu turquoise.

Sauf qu’en réalité, impossible de jouir du spectacle. Il y a peu de place entre les rochers plongeant à pic et la rive, et il a fallu y caser une voie de chemin de fer, une route nationale, un camping ici ou là. Parent pauvre de l’opération, la piste cyclable. Sur quarante kilomètres, elle longe de si près les poids lourd polonais ou letton qu’on finit par attendre celui qui, immanquablement après 72 heures au volant pour 800 euros par mois et malgré les amphétamines, finira par accrocher le pédaleur sur le bas-côté ou par l’écraser contre le mur qui retient la falaise. Ils en ressortent rarement vivants. Cette pensée sombre rend le turquoise morbide.

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