Extrait de «l'Alphabet du confinement» réalisé par la classe de 10e de Jean-Marc Cuenet

«Il y a un an, je n’aurais jamais cru que l’école me manquerait autant»

Les élèves genevois qui vous ont partagé leurs aventures confiné·e·s reviennent sur les expériences inattendues qu'ils ont vécues ces derniers mois. Tout ce qu’ils n’auraient «jamais imaginé» il y a un an.

Il y a un an, je n’aurais jamais cru qu’un virus se propagerait à travers le monde.

…que les frontières suisses seraient fermées et gardées par des militaires.

… qu’une maladie me ferait aussi peur.

… que ma grand-mère tomberait malade.

Il y a un an, je n'aurais jamais cru que j'apprendrais à utiliser FaceTime à mes grands-parents.

… que l’école fermerait au beau milieu de l’année et qu’elle se terminerait en mars.

… que je devrais rester chez moi, sans sortir et voir mes amis plus d’une semaine.

Il y a un an, je n’aurais jamais cru qu’il n’y aurait plus de papier toilette dans les rayons des magasins.

… que ma petite-sœur pourrait être si agaçante.

… que je resterais autant de temps sans aller en ville.

Il y a un an, je n’aurais jamais cru qu’un jour l’école me manquerait autant.

Il y a un an, je n’aurais jamais cru que je recommencerais à jouer au bilboquet.

… que ma sœur se mettrait au tricot.

… que j’irais courir chaque matin pendant une période de confinement. Je ne connaissais même pas le mot.

Il y a un an je n’aurais jamais imaginé que je verrais ma mère, qui travaille dans le médical, être aussi stressée avant d’aller travailler et si fatiguée à son retour.

… que j’applaudirais par la fenêtre.

… qu’il faudrait que je reste à distance de ma famille.

…que je m’inquièterais pour la vie d’une proche en bonne santé.

Il y a un an je n’aurais jamais cru que mon amie la flemme serait aussi présente dans ma vie.

… que je me lèverais à neuf heures un jour d’école.

… que mes parents me laisseraient autant de temps devant mon téléphone.

Il y a un an, je n’aurais jamais imaginé que ranger ma chambre serait un bon passe-temps.

…que j’insisterais pour faire les courses.

… que je serais ravie de descendre les poubelles.

… que je nettoierais toute la poussière sous mon lit.

Il y a un an, je n'aurais jamais cru que je rêverais de sortir de chez moi un jour de pluie.

… que les gens tomberaient raides dingues de papier toilette.

… que d’être assise sur une chaise pendant 45 minutes me manquerait.

… que j’aurais une relation à distance avec des gens qui habitent à quelques mètres de chez moi.

Il y a un an je n’aurais jamais cru que mon balcon deviendrait ma salle de sport et de lecture.

… que je ne pourrais même pas acheter un cadeau d'anniversaire pour mon père.

…que je voudrais retourner à l’école.

Il y a un an, je n’aurais jamais cru que mon prof de bio deviendrait youtubeur.

… que la Migros me manquerait.

... que j'aurais autant de temps pour regarder ‘Naruto’, alors que nous sommes en pleine quatrième grande guerre shinobi. (de ninja, comme le personnage ‘Naruto’, NDLR)

Il y a un an, je n'aurais jamais cru que j'en aurais marre de rester chez moi.

Il y a un an, je n’aurais jamais cru que je me retrouverais un matin sur mon ordinateur en train d’écrire noir sur blanc que je rêverais, là, maintenant, d’être dans les couloirs de la Gradelle en train de me rendre en cours en entendant la cloche sonner.»