Genève, vendredi 13

Entre inconfort et créativité

Melvine Gangath, née quelque part où les difficultés du quotidien sont balayées par la chaleur humaine, écrit depuis le 3,5 pièces genevois qu'elle partage avec un "non-contaminé", un véritable luxe en cette période de confinement. Choisit la contrainte comme source de créativité et Covid y est pour quelque chose. Business analyste le jour, elle essaie de vaincre le syndrome de la page blanche la nuit.

La contrainte comme source de créativité pour vaincre le syndrome de la page blanche. J’ai choisi d’intégrer des mots, expressions d’un article publié par le journal Le Temps pour me débloquer et libérer ma pensée.

Annoncer

Vendredi 13, jour de chance ou de malheur ! Les mesures tant attendues et redoutées ont été propagées en milieu d’après-midi avec une présence gouvernementale massive. La sonnette d’alarme a été tirée, les paraskevidékatriaphobiques ont bravé leur peur et se sont précipités dans les magasins pour tenter de me mettre la main sur le dernier paquet de pâtes ou de papier toilette.

Restriction des divertissements, limitation des déplacements, voilà que les projets du week-end tombent à l’eau. C’est dans ces moments-là que nous réalisons que la procrastination est vraiment un vilain défaut. Eh oui, ce Week-end est bel et bien le dernier où le public pouvait voir et revoir l’exposition « Fiction Congo » au Musée Rietberg de Zurich.

Trouver le coupable

Ce type d’évènement est rare et voilà que Covid s’immisce dans nos vies, nous bouscule et change nos plans. Mais est-ce vraiment lui le responsable ? Eh bien non ! C’est cette courbe, cette satané exponentielle gratuitement offerte par Heidi qui a tout fait basculer. Elle a fait grimper la ruée vers ces commodités indispensables à notre mode de vie si agréable puisqu’ils facilitent notre existence au quotidien. Oui, posséder un rouleau de PQ nous réconforte dans cet état de situation extraordinaire. L’inconfort s’installe.

Restreindre

Les autorités nous exhortent de rester chez nous pour une durée indéterminée, le mot d’ordre : prendre nos responsabilités afin d’infléchir cette fichue courbe. Nous voilà ballottés entre le fou rire et la crise de panique. Fermeture des écoles et télétravail : crises de nerf assurées ! L’impact émotionnel sur la population sera l’un des sujets à couvrir en cette période de confinement. Notre checklist pour les prochains jours voire semaines :

  • Rester chez soi

  • Fuir Covid

  • Aplatir au maximum Courbe

Élucider

Notre société glorifie la productivité et prône l’activité, l’ombre de celle qui est tant redoutée et que l’on appelle Ociofobia hante nos esprits. La peur de ne pas avoir quelque chose à faire autant dans nos vies personnelles que professionnelle nous guette, cet état représente le troisième et dernier stade de gravité. Ce stade où la gestion de la crise n’est plus entre nos mains parce que d’autres se chargent de prendre les décisions à notre place, nous offre l’opportunité de lâcher prise.

Et si nous profitions de Covid pour nous laisser aller à l’ennui au lieu de sans cesse lutter contre ce sentiment perçu comme désagréable, pénible. L’inconfort tant physique que moral est source de créativité, parce qu’il nous fait perdre le contrôle et bouscule nos schémas de pensées si bien ancrés. Notre esprit réclame à cor et à cri de le laisser rêvasser, vagabonder. Alors passons à la vitesse supérieure, pourquoi ne pas intégrer une nouvelle contrainte comme la réduction du temps d’écran à notre To-do ?

L’objectif doit être chiffré évidemment 😉, Chaque jour compte !