Crédits: Urs Gfeller

Urs Gfeller, l’engagement vert comme seconde nature

Au menu de ce nouvel épisode de notre série consacrée à celles et ceux qui font bouger l’alimentation suisse: un maraîcher engagé contre les pesticides de synthèse, une forêt comestible, une tarte aux myrtilles salée et des djembés. Bonne dégustation!

Publié le 29 novembre 2022 09:29. Modifié le 01 décembre 2022 08:55.

Entrée

Quand on approche de la Broye et que le soleil radieux ce jour-là se voile de brume, puis se mue progressivement en purée de pois, on se demande ce qui peut bien amener un maraîcher à s’installer à Sédeilles (VD), commune de Villarzel, envers et contre tout…

Seul de sa profession loin à la ronde, apprécié des meilleurs chefs, Urs Gfeller est réputé pour la qualité de sa production et son incroyable diversité variétale. Adepte du bio et de la permaculture – une évidence depuis toujours – il est aussi bien isolé dans sa démarche au pays des grandes cultures, du tabac et de la betterave sucrière.

«La terre est lourde par endroits, mais on travaille à l’améliorer: il faut toujours y apporter davantage que ce qu’on exporte: engrais verts, compost, matière organique. Dans le Seeland, le maraîchage intensif exerce une forte pression et appauvrit le sol d’année en année.»

Récemment, lors de la campagne sur les deux initiatives anti-pesticides de synthèse, Urs Gfeller a été l’une des rares voix courageuses à s’élever – à l’heure où l’association faîtière elle-même, Bio Suisse, restait timide vis-à-vis de l'initiative «Pour une Suisse libre de pesticides de synthèse», tout en appelant à voter contre l'initiative «pour une eau potable propre». La violence du débat l’a choqué: «J’ai été étonné par les critiques et les insultes sur les réseaux sociaux, les gens qui du jour au lendemain ne me parlent plus, parce que je me suis clairement prononcé pour le renoncement aux pesticides.»

Plat principal

D’où vient sa passion pour la nature et sa préservation? Urs Gfeller a grandi avec ses deux sœurs dans la campagne glânoise, entre Oron et Romont. Venus de l’Emmental et de la Thurgovie, ses parents sont respectivement mécanicien et infirmière et ont déjà en commun l’amour de la nature et du jardinage. Les repas sont frais, saisonniers, végétaux – «de la ferme à l’assiette» avant que l’expression ne devienne tendance. Il se souvient notamment des formidables gratins de légumes maternels… Assez naturellement, l’idée d’un apprentissage de maraîcher se fait jour pour Urs, qu’il prolonge ensuite par un diplôme d’ingénieur à l’école d’horticulture de Wädenswil. Au terme de sa formation, le jeune homme déniche une ferme abandonnée dans la Broye vaudoise, avec un hectare de terrain: il s’associe à ses parents pour y créer un petit domaine, le reconvertir au bio.

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