Niels Rodin au domaine de Borex. | LP

Niels Rodin, agrumiculteur fou de yuzu

Au menu de ce nouvel épisode de notre série consacrée à celles et ceux qui nous nourrissent: un ancien banquier fan d’agrumes, un hybride cerise-abricot, la mode, des cacio e pepe et un centre de recherche agronomique unique en Europe.

Publié le 11 novembre 2022 07:00. Modifié le 12 novembre 2022 09:46.

Entrée

Son premier Citrus? Niels s’en souvient comme si c’était hier et pourtant l’histoire avait plutôt mal commencé… «En me promenant dans les allées d’une jardinerie, je suis tombé sur un magnifique cédratier qui perdait ses fruits». Il installe l’arbuste sur le balcon de son appartement genevois, le bichonne et l’hiver approchant, le rapatrie au chaud dans son salon. Catastrophe, le citronnier dépérit. C’était en 2004 et cette première tentative se solde par un échec lamentable, mais la curiosité de Niels Rodin – accessoirement lointain parent d’Auguste – est piquée au vif. «Ca a été le déclic de tout, mes expériences culinaires, mes recherches botaniques, mes essais de greffes, de nombreux voyages», raconte l’ancien banquier.

Plus familier à l’époque de l’indice nikkei que de la taille en espalier, notre homme entame sa plongée dans l’univers fascinant des agrumes. Loue une première serre – son domicile ne suffisant plus à abriter la colonie grandissante de cédratiers, pamplemoussiers et autres mandariniers. Prend une licence d’importation – permettant l’introduction légale en Suisse de nouvelles variétés – se reconvertit progressivement, jusqu’à abandonner toute autre activité en 2017 et devenir LA référence ès agrumes qu’il est aujourd’hui.

Plat principal

Son micro-domaine de Borex, aux portes de Nyon – un hectare et demi, entre tunnels et vergers de plein champ – tient du Jardin des Hespérides. Parfumé, envoûtant, plein de mystère. Précédé par un rire tonitruant, le maître des lieux émerge du feuillage tel un esprit de la forêt, rond et barbu, ravi de dévoiler ses trésors… Mi-octobre, voici déjà les premiers yuzus, objet d’un grand engouement dans les cuisines depuis quelques années et formidable exemple d’une acclimatation réussie. Les mandarines satsuma, à la peau douce comme du velours et au parfum irrésistible, suivront bientôt, comme le tangeor, hybride d’orange et de mandarine et le proche kyomi ou le très doux et très ventru dekopon – qui paraît promis au même succès que le yuzu, le citron caviar ou le cédratier ces dernières années.

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De gauche à droite: une main de Bouddha, très utilisée pour son zeste; le Cédrat maxima, le plus gros des cédrats avec des fruits peuvent peser jusqu'à 2kg; et des faustrimes (hybride de citron caviar et de limequat) avec leur pulpe dite caviar. | Niels Rodin.

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