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Face à l’étrange business des opérations de réassignation sexuelle

Il n'existe pas de formation spécifique destinée à la prise en charge médicale des personnes trans en Suisse. Or, les techniques chirurgicales évoluent drastiquement dans d’autres pays. Des personnes partent se faire opérer à l’étranger. En raison des risques encourus en Suisse, selon elles.

Publié le 30 novembre 2021 08:20. Modifié le 01 décembre 2021 13:37.

Au téléphone, Nikita n’en démords pas. «Pour moi, le docteur B. est un charlatan. Il a totalement raté mon opération. Je me suis retrouvée avec un vagin de deux centimètres de profondeur et une vulve qui ne ressemblait pas à une vulve.» Pour la jeune femme trans de 21 ans, le résultat est catastrophique. Mais à son grand étonnement, lors du rendez-vous post-opératoire, le chirurgien ne semble rien regretter: «Ah oui, c’est normal que ce soit aussi petit, mais comme vous m’aviez demandé une vaginoplastie avec interposition du côlon, on va maintenant pouvoir effectuer la deuxième opération et ainsi agrandir le vagin», rapporte-t-elle. Cela alors que le médecin aurait, lors du premier rendez-vous, déconseillé l’interposition du côlon et qu’une deuxième opération n’était pas du tout prévue, selon la jeune femme.

Une vaginoplastie est une opération chirurgicale de réassignation sexuelle permettant aux femmes trans d’obtenir des parties génitales féminines. Il existe différentes manières d’effectuer cette opération, où l’interposition du côlon, du péritoine ou une greffe de peau peut compléter l’inversion pénienne (la peau du pénis est retournée pour créer l’intérieur du vagin).

Pour Lynn Bertholet, le cas de Nikita n’est pas une exception. «J’ai fondé l’association ÉPICÈNE pour obtenir une meilleure prise en charge médicale des personnes trans en Suisse. Car actuellement, c’est lamentable. Une jeune femme membre d’ÉPICÈNE est passée sept fois sur la table d’opération à Lausanne suite à une accumulation de complications qui sont en partie dues à des erreurs médicales.»

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