Mélangeant blagues, récit autobiographique et analyse des procédés de l’humour, Hannah Gadsby a visé juste. Photo: Netflix
Génération fluide | épisode № 06

Ce rire qui décharge

De la rue à la scène, les transidentités font rire. Ce rire peut être vu comme une sanction, ou comme une réaction face à une situation incomprise. Quand le cerveau ne comprend pas, le rire décharge la tension. Mais l’humour qui se base sur le grossissement des traits et la moquerie est de moins en moins toléré. D’autres formes émergent.

Deux hommes, dont une «folle», un couple gay et une réplique culte: «J’ai cassé ma biscotte!» Cette scène de la Cage aux folles, où Renato tente désespérément de transformer sa diva de compagnon en homme viril à l’ancienne, fait rire. Mais que s’y passe-t-il? «La condition que Renato impose à Albin pour que ce dernier puisse assister au mariage de son fils est de se masculiniser. Autrement dit “Tu pourras être visible qu’à la condition d’être invisible”», analyse Arnaud Alessandrin, Professeur à l'université de Bordeaux, spécialisé dans les questions de genre.

Triste constat. Pourtant, la recette de l’image de la «folle» fonctionne. De 1980 à 1998, la comédie réalisée par Edouard Molinaro est le film de langue étrangère le plus vu aux Etats-Unis. En 2003, en France, Chouchou de Merzak Allouache fonctionne avec la même recette alors que la société s’est politisée sur les questions d’orientations sexuelles et d’identité. Pourquoi ces comédies font-elles encore rire?

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