La Filature offre un lieu où les parents et les enfants peuvent organiser l'éducation différemment, en mettant en place des cours selon leurs souhaits et capacités. Les parents cuisinent et mangent avec les enfants. Photos: Niels Ackermann

Ce pays où les uns veulent mourir joyeusement, et les autres ne pas mourir du tout

Rédigé bien avant la crise du Covid-19, ce cinquième épisode passe en revue plusieurs manières bien suisses d’aborder l’effondrement. D’abord, les hippies collapsologues: chercher l’autarcie et, s’il faut mourir parce que l’humanité touche à sa fin, autant que ce soit joyeux. Ensuite, une visite dans le plus grand –et le plus inutile– bunker du monde, à Lucerne, rappelle qu’à une époque, les Suisses avaient décidé de survivre à tout. Foutaises que les abris, s’exclame l’officier en charge des risques de black-out. Ces préparatifs ne servent à rien, il faut redoubler d’efforts!

Niels ne cesse de parler au volant. Il lui faut surmonter la fatigue provoquée par les réveils nocturnes du bébé et les centaines de kilomètres que l’on parcourt. Je fais semblant de l’écouter, mais j’ai la tête ailleurs. Entre les militants écologistes qui espèrent secrètement une catastrophe pour parvenir à changer le monde et les stratèges de l’armée qui estiment que la Suisse est en danger malgré son fascinant réseau de bunkers, je ne sais plus quoi penser.

Avec le manuel de survie distribué à tous les foyers suisses en 1969 et les propos sans fard du chef de l’État-major cantonal de conduite, j’ai l’impression d’avoir fait le tour des positions officielles et de l’approche militaire, même si on m’a peu parlé de climat jusqu’à maintenant.

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