Exercices pratiques lors d’une formation à la résistance non violente organisée par Extinction Rebellion (XR) dans un espace de co-working à Lausanne. Photos: Niels Ackermann / Lundi13
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Adopte un·e collapso

Pour Jean-Luc Addor, politicien UDC, les armes sont le dernier rempart de la liberté suisse face aux «diktats» de l’Union européenne. On le croit motivé, comme beaucoup, par la menace climatique, mais sa menace à lui est plus prosaïque: ce sont les musulmans. Alors virons à l’autre bord, celui d’une jeune femme atteinte de cette maladie nouvelle, la solastalgie, sorte de dépression climatique. Elle l’a soignée avec les rebelles de l’extinction, et surtout en trouvant l’amour sur un site de rencontre pour collapsologues. Vite, aimons-nous avant la fin du monde!

Il a fallu plusieurs e-mails et beaucoup de SMS pour que je me retrouve dans ce bureau, à quelques pas de la gare de Sion. La décoration est rudimentaire: une bibliothèque mêlant ouvrages de droit, littérature et philosophie, et une grande table ovale en bois de chêne. Jean-Luc Addor me toise, méfiant. Je raconte que je veux en savoir plus sur la nouvelle loi sur les armes et ses conséquences sur l’âme suisse. La Suisse neutre est un des pays les plus armés du monde. Une étrangeté qui m’échappe.

Membre de l’UDC, le parti nationaliste et parfois xénophobe de Christoph Blocher, mon interlocuteur vient d’être réélu au parlement, malgré un net recul de son parti et une percée inédite des partis écologistes. Jean-Luc Addor est connu pour des prises de position politiquement peu correctes sur l’immigration. En 2014, quelques minutes après une fusillade à la mosquée de Saint-Gall, en Suisse alémanique, lors de laquelle un fidèle a trouvé la mort, cet avocat et ancien juge d’instruction a twitté: «On en redemande.» L’an dernier, il a appelé à voter non au référendum sur l’interdiction de certaines armes, notamment les armes semi-automatiques munies d’un chargeur de grande capacité.

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