La fameuse nonne cuisinière Jeong Kwan. Photos : Cultural Corps of Korean Buddhism

Vivre le nirvana dans la cuisine de la nonne Jeong Kwan

Nous sommes ici dans un des berceaux du bouddhisme Jogye, l’ordre le plus important en Corée. Et ce n’est pas un hasard si les tout premiers ermites ont choisi de venir déposer leur coeur et leurs sutras sur les flancs de cette montagne bleutée, aux sources abondantes. Fondé au VIe siècle, Baekyangsa aurait été nommé le temple des moutons blancs en référence aux troupeaux qui descendaient de la montagne pour écouter les chants sacrés des moines. Les visiteurs de ce monastère que je vous ai décrit dans l’épisode précédent sont restés en bas, dans le domaine des hommes; les moines et les travailleurs sont affairés dans les bureaux, les jardins ou les cuisines, ou peut-être retirés dans leurs cellules. Une brume légère s’accroche aux sommets telle une fine collerette. Un calme d’un autre monde s’est emparé de tout le décor.

Nous sommes seules, ma guide, la cheffe suisse Judith Baumann que je suis depuis le début de cette Exploration, et moi. Seules avec la Vénérable, Jeong Kwan Sunim, la nonne gastronome dont je vous ai raconté l’influence. Elle nous parle sans se livrer, prêche sans répondre vraiment et tout nous remplit de douceur, de sérénité comme si nous faisions partie désormais de ce tableau.

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