La folle attraction pour les faits divers. Illustration: Séverine Assous pour Heidi.news
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La recette d'une bonne histoire? Un parfum de destin sur fond d'ennui

Où l'on découvre qu'une productrice célèbre se réveille la nuit de peur d'être passée à côté d'une «bonne histoire». Qu'un agent avoue n'avoir jamais autant vendu de projets de série. Que chasseur de «IP» (intellectual properties) est un métier d'avenir. Que la couverture des faits divers a augmenté de 73 % dans les journaux télévisés au cours de la dernière décennie. Définition de la «bonne histoire»? Elle doit exhaler un parfum de destin sur un fond d’ennui, au sein d’un territoire bien défini. Il lui faut aussi une note burlesque, comme «un cambrioleur, pendant un vol, surpris par un autre cambrioleur.»

Publié le 30 avril 2022 05:55. Modifié le 17 mai 2022 13:15.

1. PARIS – APPARTEMENT 20E ARRRONDISSEMENT – INT./JOUR

Quelques jours après la parution de mon livre, de retour à Paris, je m’installe derrière mon écran d’ordinateur pour regarder Narcos, une série originale Netflix. Je n’ai jamais eu de télévision à domicile, du moins depuis que j’ai quitté la maison de mes parents. Après avoir longtemps braconné des contenus en streaming sur Internet, j’ai fini par m’abonner à plusieurs services de vidéo à la demande. Pour une trentaine d’euros, j’ai désormais accès à des milliers de films et de séries. Les grandes plateformes de streaming, toutes américaines – Netflix, Amazon Prime Video, Disney+ et bientôt HBO Max –, se disputent le même vivier d’abonnés, celui des «jeunes adultes».

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