Une plume résiste au vent sur une plage ouvrant sur l'océan arctique. En toile de fond, les éoliennes pointent du bout du nez par-dessus les montagnes de Raggovidda. Photo: RBH

Eolien et carburants verts: vents contraires en terre arctique

A l’extrême Nord-Est de la Norvège, dans la péninsule de Varanger qui s’ouvre sur l’océan Arctique, souffle le vent d’un changement. Celui d’une transition verte, écologique, énergétique: forêts d’éoliennes et usines d’hydrogène et d’ammoniac verts y poussent comme des champignons. Pourtant, ces énergies neutres en carbone empiètent sur un autre mode de vie durable, et ancestral: celui de l’élevage traditionnel des rennes. Une pratique semi-nomade et millénaire propre aux Samis — un des derniers peuples autochtones d’Europe. Reportage sur le passage de la Route de la Soie polaire.

Les plaines nues de la péninsule de Varanger sont balayées par des bourrasques qui me fouettent le visage, avant de s’élancer jusqu’à la mer de Barents. L’horizon se noie dans l’océan Arctique. Ici, le continent européen prend fin. Dans le lointain, j’essaie de deviner le Svalbard et la banquise estivale arctique, vouée à disparaître d’ici 2050. Dans mon dos, d’étranges arbres moulinent au vent. Métalliques et mouvants, ils pointent le bout du nez par-dessus les crêtes. Depuis 2014, une trentaine d’éoliennes ont poussé sur l’échine de Raggovidda, une chaîne de montagnes sur les hauts du village portuaire de Berlevåg.

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