Paris, Texas, lors de ma visite en août dernier. Photo: Serge Enderlin

Quelques inquiétantes nouvelles de Paris, Texas

Se méfier des certitudes, ne jamais crier victoire trop tôt. Les événements des derniers jours dans cette petite ville du sud des États-Unis ont valeur de fable. Ne jamais prendre le coronavirus de haut.

J’y suis passé le 8 août dernier, à l’époque bénie où je me déplaçais encore. Sans raisons particulières autres que la satisfaction d’y mettre les pieds un jour et le clin d’œil à Wim Wenders, bien que son «Paris, Texas» de 1984, Palme d’Or au Festival de Cannes la même année, n’ait pas été tourné ici. J’étais en mission à Dallas, c’était un dimanche d’ennui total sous un cagnard étourdissant, je pensais au pull mohair fuchsia de Nastassja Kinski.

Aussi ai-je pris le volant en direction de l’Oklahoma. Paris se trouve là, deux heures plus loin, posée sur la prairie interminable, à deux pas de l’État suivant, mais il faut le savoir parce que le paysage ne change pas, maïs à gauche, blé à droite, ou l’inverse. On vient rarement à Paris. A part la réplique de la Tour Eiffel coiffée d’un stetson et une bière locale plus que correcte, pas grand-chose à signaler. Smalltown America en terres conservatrices mais pas trop, plutôt très blanches, dans un État du Texas qui se porte à merveille depuis une grosse décennie: plus forte croissance économique et démographique des États-Unis.

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