Image d'illustration Pixabay / markusspiske

D’un double clic de souris à l’engrenage: une affaire de doigts pris au piège

C’est une histoire à la fois triste et ahurissante qui s’est déroulée voici quelques années en Suisse alémanique. L’histoire d’un homme gravement atteint dans sa santé qui a complètement perdu pied à cause, assure-t-il, de la malveillance d’une masseuse accro au jeu et du Requip, le médicament qu’il devait prendre à hautes doses pour lutter contre son Parkinson. Voici le récit d’un excès de dopamine qui a coûté 3 millions de francs et détruit la vie d'une famille.

Publié le 25 décembre 2021 05:30. Modifié le 28 décembre 2021 08:35.

On dit des bons vendeurs de voitures qu'ils en vendent environ 100 par an. Dans les meilleures années, Thomas en vend 250. Avec un bénéfice sur chaque unité, de sorte que sa concession s'autofinance. Ces résultats financiers permettent au patron d'acquérir un terrain adjacent sur lequel voit le jour un grand marché de véhicules d’occasion. Trente à cinquante voitures y sont exposées, toutes garées au centimètre près sur la même ligne. «Cela peut paraître pédant, dit Thomas, mais cela montre aux clients le soin apporté.» La banque, elle aussi, est sous le charme: dans une notation client, elle attribue à l’entrepreneur une liquidité de 628% et un rendement de 42%, alors que la moyenne de la branche est d'environ 140% et 20%. Thomas en est très fier.

L’homme n’est pas que passionné par les voitures, il vibre également pour les courses automobiles, auxquelles il prend part. Durant la saison, le pilote amateur travaille dur pour améliorer sa technique. L’euphorie qui l’habite n’a d’égal que l’abattement qu’il ressent face à la détresse financière de sa masseuse. Par WhatsApp, elle lui fait part de son chagrin, parle d'un investissement qu'elle doit faire. Pourtant, dans le cabinet, c’est une autre femme qui reçoit son patient, sûre d'elle et jamais larmoyante. Thomas ne veut pas devenir la banque de sa thérapeute, mais il ressent l’irrépressible besoin de sortir celle qui soulage ses douleurs de la situation difficile dans laquelle elle se trouve. Il retire 10’000 francs au guichet de sa banque et les lui donne, elle est reconnaissante, il est heureux.

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