Des personnes visitent un temple Franc-Macons lors de la première journée portes ouvertes de la loge lausannoise, en octobre 2009. (KEYSTONE/Laurent Gillieron)
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Les «sociétés secrètes» en Suisse

Accusées de tous les maux par les complotistes, les sociétés (pas vraiment) secrètes existent bel et bien en Suisse. Qui sont-elles et quelle est leur ampleur? Tour d’horizon à partir de la «liste noire» établie par François de Siebenthal, un des animateurs du groupe AgoraTV.

Elles seraient à l’origine du Covid, de la pédophilie et de tous les maux de l’humanité. Pourtant, les «sociétés secrètes, occultes, spirites ou sataniques», comme les nomme (à tort) François de Siebenthal dans le formulaire que tout membre de son groupe complotiste doit signer pour participer à la réunion hebdomadaire de la nébuleuse, sont plus discrètes que secrètes. De tous temps, elles ont cependant attisé le soupçon en raison de certains secrets initiatiques et autres signes de reconnaissance.

Jean-François Mayer, historien des mouvements religieux et directeur de l’institut Religioscope, s’intéresse depuis longtemps aux communautés religieuses et autre groupes marginaux. Il trouve cette liste «très étrange» car mettant dans un même panier des clubs de service, des communautés religieuses et une société semi-secrète. Or ces groupes n’ont rien à voir entre eux et ont des idéaux très différents. A y réfléchir, il voit cependant un commun «l’idée de gens supposés avoir un pouvoir et de l’influence qui se réunissent en privé. D’où les spéculations quant aux décisions qu’ils prendraient à l’abri des regards». A tort? «Certes, des structures comme la franc-maçonnerie ou les clubs de service sont en partie fréquentées par des notables, des gens dont les idées ou idéaux peuvent avoir un impact sur la société, mais on ne peut présumer que toutes les actions de ces personnes soient simplement le relais des sociétés auxquelles elles appartiennent: en Suisse, on est loin d'une influence politique de ces structures en tant que telles».

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