Illustration: Kalonji pour Heidi.news
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Comment les pionniers français de l’ARN ont décapité la poule aux œufs d’or

En 1993, la France avait toutes les cartes en mains pour développer le premier vaccin à ARN messager. Une expérience réussie, des ambitions dans les biotechnologies, un groupe pharmaceutique créé par une famille de visionnaires, les Mérieux. Mais il y avait des risques et encore pas mal de travail. Le premier projet de vaccin à ARN messager sera finalement suicidé. Et 20 années perdues.

C’est une histoire de relation à l’innovation assez typiquement française. Elle marque une première renaissance des technologies à base d’ARN messager au moment même où elles entrent dans un long hiver aux États-Unis (voir les épisodes précédents). Une recherche brillante au plan fondamental, suivie par un abandon industriel lorsqu’il s’est agi de développer son application clinique: this is so French, diront les Anglo-saxons.

Il faut remonter à 1979. Cette année-là, Robert Lattès, un spécialiste du capital-risque de la banque Paribas ainsi que son patron, Pierre Moussa, un inspecteur des finances devenu banquier, veulent mettre la France en pole position dans la course de l'industrie naissante des biotechnologies. La star de ce secteur, Genentech a été fondée trois ans plus tôt en Californie. A Genève, le biologiste moléculaire suisse Charles Weissmann vient de lancer Biogen avec d’autres scientifiques. Amgen, Chiron et Genzyme s’apprêtent à être portés sur les fonts baptismaux par les capital-risqueurs de la Silicon Valley et de Boston.

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