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Un semestre Erasmus sans voyage ni dépaysement

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L’idée était dans l’air depuis quelque temps déjà. La pandémie de Covid-19 et son cortège d’annulations de séjours à l’étranger pour les étudiants, évoqué en début de semaine par la Tribune de Genève, a accéléré la réflexion. A l’ère des cours à distance, quid d’une mobilité universitaire en ligne, en restant dans son pays d’origine? Daniela Sauge, directrice du Service de la mobilité académique de l’Université de Genève, revient sur ce concept, appelé «e-mobilité».

«Actuellement, certaines de nos universités partenaires ne peuvent plus du tout recevoir d’étudiants étrangers ou envoyer leurs étudiants à l’étranger. Parmi elles, plusieurs ont mis sur pied un catalogue de cours en ligne très fourni. C’est notamment le cas de l’Université de Laval, au Québec. Ces institutions sont très demandeuses de pouvoir continuer à maintenir un système de mobilité universitaire malgré l’interdiction de voyager. L’appellation «e-mobilité» est une trouvaille des Canadiens.

Du côté de Genève, nous ne disposons pas pour l’instant d’un catalogue de cours en ligne. L’e-mobilité ne sera donc pas une solution au semestre prochain pour les étudiants qui ne peuvent pas partir en raison du Covid-19. De plus, pour mettre en place un tel système, il faudra que les facultés acceptent de reconnaître les cours effectués en ligne dans une université étrangère, ce qui n’est pas le cas pour l’instant. La priorité est actuellement d'offrir le cadre le plus normal possible à nos étudiants pour le semestre qui va débuter. Donc même si l'idée fait son chemin, il est peu probable que cela fonctionne avant trois ans.

Mais ce système est intéressant même lorsque les déplacements à l’étranger peuvent se dérouler normalement! Il s’adresserait alors en priorité aux étudiants qui n’ont pas les moyens de partir, à ceux qui ont des responsabilités familiales qui les retiennent à Genève, des problèmes de santé ou encore ceux qui sont trop frileux pour entreprendre une expérience à l’étranger. Cela leur donnerait la possibilité d’enrichir leur parcours académique.

Nous n’ambitionnons pas de la mettre en avant, mais plutôt de la proposer comme solution alternative à la mobilité classique. Cette dernière restera au premier plan car se rendre à l’étranger permet d’acquérir des compétences linguistiques, des compétences interculturelles, de l’autonomie et de renforcer son réseau.»

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