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«Nous en sommes à notre 19e plan de protection à l’école obligatoire»

Au Centre professionnel du Littoral neuchâtelois. | Keystone / Salvatore Di Nolfi)

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Jérôme Amez-Droz est secrétaire général du Département de l’éducation et de la famille à Neuchâtel. Depuis bientôt un an, il est en première ligne pour gérer les répercussions de la crise sanitaire dans les écoles du canton, avec des journées de travail qui s’étendent souvent de 7h à 22h. Pour Heidi.news, il raconte dans quel état d’esprit il avance, alors que le brûlant débat autour de la fermeture des écoles agite l’opinion et que les quarantaines de grande ampleur se multiplient dans les établissements alémaniques et tessinois en raison des variants britannique et sud-africain.

«Je ressens un doux mélange de lassitude et d’espoir. Lassitude car le dossier Covid nous occupe depuis environ un an, que nous en sommes à notre 19e plan de protection à l’école obligatoire, au 12e pour le post-obligatoire. Et il y a toujours de nouvelles choses. Avec ce virus, quand on s’attend au pire, on n’est jamais déçu! Pour moi, ce n’est pas un marathon, comme l’avait dit Alain Berset, mais une succession de sprints. D’un autre côté, il y a désormais l’espoir, avec le déploiement du vaccin, d’aller vers une période plus favorable.

Nous enregistrons actuellement un peu plus d’absences parmi les élèves et les enseignants qu’à la veille des vacances de Noël, mais cela n’a rien à voir avec la situation que nous avons vécue cet automne. A Neuchâtel, nous n’avons à ce jour pas eu de cas du variant britannique dans les écoles. Mais nous savons qu’il est là. Cela peut arriver tout moment.

Les décisions de mise en quarantaine dépendent du médecin cantonal. Il semble clair qu’un cas du nouveau variant dans une classe pourrait tout à coup générer des quarantaines plus importantes. Jusqu’ici, par exemple, un élève qui avait côtoyé un camarade positif ne devait pas s’isoler si tout le monde portait le masque. Cela risque d’être remis en question. L’avantage, désormais, c’est que nous avons développé des automatismes. Nous sommes mieux préparés et en mesure de nous adapter plus rapidement.

Une fermeture généralisée des écoles ne doit être considérée qu’ultima ration. Nous connaissons les dégâts d’une telle décision sur l’avenir des jeunes et leur équilibre. Nous ne devons pas tomber dans les effets de manche et la surenchère sous la pression du public et des médias. Déjà que la coordination au niveau institutionnel et entre cantons n’est pas facile! Ce que l’on décide doit faire sens. Les directeurs d’école doivent pouvoir expliquer et accompagner. Si l’on ordonne le port du masque à partir de la 6e Harmos (élèves de 9-10 ans, ndlr.), il faut que cela soit car on a constaté des transmissions dans cette tranche d’âge. C’est primordial quand on voit à quel point une partie de la population peine à accepter les mesures anti-Covid.

Nous sommes dans une gradation des mesures depuis septembre. Nous n’avons cessé de serrer la vis, sur les masques, les distances, l’aération ou encore l’organisation dans les cafétérias. Depuis vendredi dernier, tous les enseignants vulnérables ont été renvoyés à la maison. Il a fallu trouver des remplaçants. C’est un défi. Il y a désormais cette discussion autour des masques FFP2. La question pourrait bientôt se poser. Il faut voir comment vit l’école! C’est difficile, mais toujours mieux qu’à distance.»

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