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Les Suisses s'occupent de plus en plus de leurs enfants: pour le meilleur ou pour le pire?

L’augmentation du temps consacré aux enfants est un phénomène global. | Gaëtan Bally / Keystone

Les statistiques indiquent que les Suisses, femmes et hommes, consacrent de plus en plus de temps à s’occuper de leurs enfants. Une chance pour le développement des plus jeunes. Mais n’en fait-on pas trop?

En Suisse, les mères sont de plus en plus nombreuses à travailler. En parallèle, le temps qu’elles passent avec leurs enfants – pour les nourrir, les laver, les soigner, jouer avec eux, les accompagner dans leurs déplacements – ne cesse d’augmenter. La tendance est encore plus marquée chez les pères, qui s’investissent toujours davantage dans la vie de famille.

Pourquoi c’est intéressant. Les parents de 2022 sont nombreux à regarder en arrière et à constater que les journées de leurs propres parents dans les années 1980 ne ressemblaient pas vraiment aux leurs. Qu’enfant, ils allaient chez leurs copains du quartier sans être accompagnés, jouaient sans supervision. Et de se demander: comment en est-on arrivé là?

Les chiffres. L’augmentation du temps consacré aux enfants est un phénomène global. Dans une étude publiée en 2016 par deux sociologues américaines, qui regroupe les données de 11 pays occidentaux, on voit par exemple que les mères britanniques s’occupaient de leurs enfants 2,5 heures par jour dans les années 2010, contre environ 30 minutes dans les années 1960. L’Italie, le Danemark ou encore l’Espagne affichent des courbes similaires.

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Pour la Suisse, il faut aller fouiller dans les statistiques sur le travail domestique et familial pour se faire une idée du phénomène. Impossible de remonter aux années 1960, les données détaillées démarrent en 2004. Sur cette plus courte période, l’évolution à la hausse est moins manifeste, mais elle est bien là.

Dans les familles de deux enfants, dont le plus jeune est âgé de 0 à 2 ans, les parents consacraient 46 heures par semaine à leurs enfants en 2004 et 51,3 heures en 2020.

Par ailleurs, les mères suisses sont toujours plus nombreuses à exercer une activité professionnelle. En 2021, 82% d’entre elles travaillaient, contre seulement 60% en 1991.

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