Réservé aux abonnés

La réforme genevoise de la protection de l’enfance, un «énorme pataquès avec rien au bout»?

Les résultats d'Harpej, le grand projet de réforme de la protection des mineurs à Genève, se font attendre. | KEYSTONE/Martial Trezzini

A Genève, la réforme de la protection des mineurs (le projet «Harpej») peine à aboutir. Les retours glanés par Heidi.news font état d'un agacement profond face à l'absence de résultats.

C’était en janvier 2020. A Genève, le Département de l’instruction publique (DIP) lançait un vaste projet de réforme de son dispositif de protection des mineurs, baptisé «Harpej», pour «harmonisation de la protection de l’enfance et de la jeunesse».

Un dossier hautement sensible, tant le système est décrié depuis des années, à coup de grèves des travailleurs sociaux, de pétitions de parents, de manifestations et de rapports critiques de parlementaires et de la Cour des comptes.

Pourquoi on en parle. Trois ans plus tard, où en est cet ambitieux chantier «au cœur des préoccupations» du département, alors que se termine bientôt la législature 2018-2023? Sur le terrain, des associations sollicitées par le DIP pour participer au processus s’impatientent et font part de leurs doutes face au manque de résultats concrets.

Un «éléphant qui accouche d’une souris». Il y a bien eu une avancée: le renforcement de l’Action éducative en milieu ouvert (AEMO), soit l’intervention d’éducateurs à domicile dans les familles, notamment pour prévenir les risques de placement, avec la création de 7-8 postes. Ce renforcement n’est pas une surprise et n’est pas propre à «Harpej», ayant été prévu dans le programme de législature en 2018, soit avant le lancement de «Harpej» (voir le document du Conseil d’Etat, p. 33).

«C’est une excellente prestation. Mais pour l’instant, c’est un éléphant qui accouche d’une souris», commente une observatrice qui souhaite rester anonyme. Comme d’ailleurs la plupart des interlocuteurs sollicités pour cet article, certains très remontés, mais craignant de mettre en péril leur collaboration avec le département.

Réservé aux abonnés

Cet article est réservé aux abonnés.

Déjà abonné(e) ? Se connecter