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Genève: «La réforme CO22 prétend être la solution, mais ce n’est pas la bonne»

Paolo Glorioso est enseignant au CO de Sécheron. Pour lui, la réforme fait l'inverse de ce que les élèves en difficulté ont besoin. Mattia Pillonel

Paolo Glorioso est enseignant en mathématiques et biologie au cycle d’orientation de Sécheron, à Genève. Pour lui, la réforme CO22 sur laquelle doivent se prononcer les citoyens le 15 mai ne répond pas aux besoins des enfants en difficulté. Il témoigne.

«Il y a plusieurs semaines, nous avons eu la présentation du projet de réforme dans tous les cycles. Pour moi et beaucoup de mes collègues, elle a été calamiteuse. Il n’a été question que de chiffres et de pourcentages d’élèves remplissant telles ou telles colonnes de graphiques. Nous avons eu le sentiment que personne ne s’est donné la peine de réfléchir aux besoins réels de ces adolescents et de ceux qui travaillent au quotidien avec eux. Quel niveau d’enseignement doit-on adopter? Celui des classes plus exigeantes? Est-ce que l’on doit trouver un niveau intermédiaire? Comment faire plusieurs évaluations différentes avec un même cours? Ces inquiétudes légitimes des enseignants ne trouvent pas de réponse au département.

Il y a des jeunes en difficulté scolaire, c’est un vrai problème. Ceux-ci se retrouvent dans des classes “ghetto” dont il est presque impossible de sortir pour rejoindre un regroupement plus exigeant. Le manque de motivation de leur part est évident. On les met huit heures par jour devant un bureau à faire des maths, de l’allemand, du français et j’en passe, alors qu’ils n’ont qu’un semestre de travaux manuels. Ce que veulent ces élèves, c’est faire autre chose que de l’école et les enseignants le savent très bien.

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