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«Difficile de faire des connaissances sans pouvoir s'asseoir à côté en cours»

La rentrée à l'Université de Neuchâtel. | KEYSTONE/Laurent Gillieron

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Les cours dans les universités romandes ont repris le 14 septembre. Lors de cette rentrée bouleversée par le Covid-19, entre distance entre les personnes et cours en ligne, l’intégration des étudiantes et étudiants de première année est un enjeu important. Nous avons demandé à deux d'entre elles comment se déroulait leur première semaine.

Romane, Genevoise de 19 ans, a commencé le droit à Fribourg en mention bilingue. «Nous sommes séparés en deux groupes, A et B. Je fais partie du groupe A. Cela signifie que cette semaine je peux assister aux cours sur place lundi et jeudi. Mercredi et vendredi, je suis les cours en ligne depuis chez moi. Dans l’amphithéâtre, un siège sur deux est condamné. Un professeur nous a autorisé à enlever le masque une fois que tout le monde était assis. Avec les autres, nous avons dû le garder tout le long.»

Dans une ville dans laquelle elle vient de s’installer, Romane peut compter sur la présence familière de cinq connaissances genevoises qui ont également choisi d’étudier à Fribourg. «Rencontrer des nouvelles personnes sans pouvoir s’asseoir à côté en cours et en étant en demi-groupe, c'est compliqué. Mais il y a des fêtes le soir. Un groupe WhatsApp réunit tous les étudiants de première année de la Faculté de droit et un rendez-vous dans un bar était déjà organisé lundi, auquel je ne suis pas allé. La vie sociale est plus difficile à l’université, mais en dehors, cela ne change pas tellement.»

«Pour les révisions, je ne sais pas encore comment les choses vont s’organiser, s’il sera possible de travailler en groupe. Réviser ensemble à la bibliothèque ne sera en tout cas pas une option. Dans celle de Miséricorde, le bâtiment principal, on se voit assigner une place. Et on n’a accès aux bibliothèques que les jours de cours en présentiel.»

La perspective de devoir suivre la moitié des cours en ligne, n’est-ce pas trop stressant? «Au moins, je peux me rendre à la moitié des cours! Et j’aime bien travailler de manière autonome. Mais il est vrai que je m’interroge sur les deux journées entières à distance par semaine. Ça risque d’être dur de rester motivée sur le long terme. Ceux qui ont commencé en ligne lundi ont dit qu’il y avait eu plein de bugs. Un des profs a par exemple oublié d’allumer son micro et a donné une heure entière de cours que le groupe à distance n’a pas pu suivre. Ils ont raté une des premières heures d’enseignement de l’année… Une autre inconnue concerne les examens. A ce stade, nous ne savons pas du tout comment cela va se passer.»

A Genève, en première année à la Faculté des sciences de l’éducation, les conditions sont différentes: tous les étudiants peuvent assister aux cours sur place sans limitation des effectifs. Ils peuvent s’asseoir côte à côte dans les amphithéâtres, mais doivent porter le masque en permanence. Léa se réjouit de cette possibilité et que ce ne soit pas «chacun pour soi» depuis la maison. «Cela facilite les choses. Deux de mes amis ont commencé avec moi et nous avons rencontré lundi une autre personne qui était toute seule. Quant au masque, on commence à être habitués, même si on est contents lorsqu’on peut sortir prendre l’air et l'enlever.»

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