| | News

A l’heure du retour en classe, le moral des étudiants remonte

Certains auditoires de l'Université de Neuchâtel accueillent à nouveau des étudiants, comme cela avait été brièvement le cas lors de la rentrée en septembre dernier (photo) | Keystone / Laurent Gilliéron

Ces témoignages sont extraits de notre newsletter hebdomadaire consacrée à l'éducation et ses grands enjeux «Le Point fort éducation». C'est gratuit, inscrivez-vous!

Trois semestres à distance, avec un bref épisode en présentiel en septembre pour certains: tel a été le régime des étudiants en Suisse depuis mars 2020. Mais, depuis mi-avril, le Conseil fédéral autorise à nouveau les cours dans les universités, pour autant que les groupes ne dépassent pas 50 personnes.

En Suisse romande, les universités de Fribourg et Neuchâtel ont décidé de saisir cette opportunité, tandis que les autres, pour des raisons organisationnelles, ont préféré renoncer. Comment le retour dans les auditoires se passe-t-il pour les étudiants fribourgeois et neuchâtelois? Nous avons posé la question à trois d’entre eux.

Hugo Clémence, président de Fédération des étudiant-e-s neuchâtelois-es et étudiant en Faculté de lettres, accueille la possibilité de retourner sur le campus avec joie.

«C’est un soulagement de revoir du monde. Avant la pandémie, j’aurais sans doute pensé différemment. Mais des mois d’enfermement dans ma chambre m’ont fait voir le bon côté du présentiel. Le facteur humain me manquait. J’ai de la chance d’avoir cette option puisque dans les filières plus généralistes et dans la majorité des classes de première année, cette possibilité n’existe pas.

Pour l’instant, la présence en cours est assez timide. Il faut dire que nous avons reçu la confirmation le jeudi pour un retour le lundi. Beaucoup d’élèves étaient rentrés chez eux dans le canton de Vaud ou au Tessin. Il y a aussi ceux qui ont peur de la pandémie. Et ceux qui sont en première année et qui n’ont jamais mis un pied sur le campus. Ils ont l’appréhension du premier jour.

Personnellement, je trouve que six semaines de cours jusqu’à la fin de l’année, c’est mieux que rien!»

Manon Schneider, en Master en droit à Neuchâtel, est également heureuse de retrouver ses camarades.

«Presque tous mes cours ont repris en présentiel. C’est très, très chouette de revoir du monde. Ca fait du bien au moral. L’UNINE est une petite université, où on a l’habitude de discuter avec les professeurs entre les cours. En droit, nous faisons également beaucoup de jeux de rôles, qui étaient quasiment impossibles à travers l’écran.»

Elle déplore en revanche la dimension hybride du mode opératoire actuel, qui sème parfois la confusion.

«Bon nombre d’étudiants continuent à suivre les cours en ligne. Généralement parce qu’ils vivent loin de l’université. Cela a pour effet de déconcentrer les professeurs, qui doivent désormais jongler avec des classes divisées entre élèves présents et élèves virtuels. Parfois, les questions arrivent de tous les côtés et je trouve que c’est difficile de suivre. Au moins, quand nous faisions les cours en ligne, nous étions tous à la même enseigne.»

Maxime Dénervaud, étudiant en Master en économie politique à l’Université de Fribourg, tient un autre discours. Le jeune homme, également membre du PDC, fait partie de l’association générale des étudiants de Fribourg, qui a négocié un retour en classe auprès du rectorat. Pour lui, le modèle hybride est le meilleur qui soit.

«Dès le début de la pandémie, nous avons fait part à la direction de notre souhait de bénéficier d’un enseignement à la fois présentiel et virtuel. Pour l’heure, nous sommes malheureusement une minorité à bénéficier des cours sur le campus. Mais nous commençons à apercevoir les prémisses d’un retour à la normale, grâce à l’ouverture des cafés et à la reprise de divers sports universitaires. C’est infiniment mieux qu’en janvier, quand il y avait un sentiment général que la situation n’allait jamais s’améliorer.»

Heidi.news sur Telegram, chaque fin de journée, recevez les articles les plus importants.
Inscrivez-vous!

Lire aussi