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Le socialiste qui a défendu les dividendes des multinationales

Keystone / Jean-Cristophe Bott

Dans la nuit du 5 au 6 mai, à 1h48, Jean-Nathanaël Karakash, en charge de l'économie et l'emploi à Neuchâtel, a écrit à plusieurs sénateurs qui, à Berne, s'apprêtaient à voter une motion intitulée «Pas de dividendes en cas de chômage partiel!» S’il estime que les entreprises ne devraient pas pouvoir verser de dividendes pendant qu’elles ont recours à la RHT, le conseiller d'Etat appelait pourtant à rejeter la proposition, expliquant que son adoption allait «provoquer le licenciement de milliers de personnes peu qualifiées».

Pourquoi il s’y est opposé. Selon lui, il n'y a «rien d'évident [dans le fait] de convaincre les entreprises de recourir à la réduction de l'horaire de travail (RHT) plutôt que de licencier» et «aucune grande entreprise ne choisira de renoncer aux dividendes pour obtenir la RHT». Laquelle n'est pas une subvention mais «une mesure de protection en faveur des employés les moins qualifiés». Il a obtenu gain de cause, le Conseil des Etats ayant enterré ce texte à une nette majorité, plaçant néanmoins le magistrat en porte-à-faux avec le camp socialiste, le sien.

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