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La justice suisse condamne l’ex-patron d’une multinationale pour corruption

SBM Offshore fournit des plateformes pétrolières, comme celle-ci en Norvège. Keystone

Le coronavirus et la torpeur estivale expliquent sans doute pourquoi pas une ligne n’a été écrite sur l’audience de jugement qui s’est tenue le lundi 6 juillet au Tribunal pénal fédéral de Bellinzone. Les condamnations pour corruption sont pourtant rares en Suisse, surtout lorsqu’il est question de pays où l’État de droit est défaillant, ici l’Angola. Plus rares encore sont les sanctions infligées aux dirigeants de multinationales. Didier K., l’ancien patron de SBM Offshore, une firme spécialisée dans les équipements maritimes à destination de l’industrie pétrolière, a été reconnu coupable de corruption pour avoir versé des millions de dollars à des officiels de l’ancienne colonie portugaise. La firme, dont le siège est situé aux Pays-Bas, dispose d’antennes à Monaco et Marly, dans le canton de Fribourg.

Pourquoi c’est intéressant. Compris entre 2005 et 2008, les faits sont anciens, mais le parcours pénal de la société SBM Offshore et de ses dirigeants, poursuivis et sanctionnés devant pas moins de cinq juridictions, fournit un éclairage saisissant sur la géopolitique de la corruption, particulièrement prégnante dans le monde du pétrole. SBM Offshore a procédé de manière analogue au Brésil, en Guinée-équatoriale, en Irak et au Kazakhstan, autant de pays où le phénomène est d’ampleur systémique. L’affaire expose aussi la panoplie des outils employés, qui se compose de comptes en Suisse, d’intermédiaires douteux, de sociétés panaméennes et de hauts fonctionnaires, dont l’intérêt public n’est pas la principale préoccupation.

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