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L’argent magique et les secondes «roaring twenties»

Fabrice Delaye

Depuis la crise financière de 2008, les économies occidentales sont sous perfusion d’argent public bon marché. Les banques centrales, redoutant qu’une remontée des taux d’intérêt ne sapent toute croissance, maintiennent ceux-ci à des niveaux planchers. Ils sont parfois même devenus négatifs. En Suisse à partir de fin 2015, puis en Allemagne et en France depuis 2019, les gouvernements sont payés par les investisseurs qui achètent leurs dettes publiques. En dépit que la crise du Covid ait partout fait exploser les déficits faute de revenus fiscaux et à cause des mesures de soutien, même les pays dit du «Club Med» comme l’Espagne et l’Italie ont vu les rendements sur la dette du gouvernement à dix ans devenir négatifs, respectivement depuis juillet et novembre dernier…

Dans ce contexte, toute remontée des taux d’intérêt est surveillée comme le lait sur le feu. Elle signifierait qu’en lieu et place de cet argent magique qui a financé une avalanche de dettes publiques (estimées à 20’000 milliards de dollars pour les plans de relance en 2020 par la banque JPMorgan, soit plus d’un cinquième de la production économique mondiale…), il faudrait consacrer une part plus importante des budgets au service de la dette, autrement dit aux paiements des intérêts. Et sur celles à venir: les dettes destinées à financer les plans de relance sans précédent de 1900 milliards de dollars aux États-Unis ou de 750 milliards d’euros pour l’Union européenne, pour ne parler que des plus gros, n’ont pas commencé à être émises. Or, la semaine dernière, le lait a débordé.

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