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En Suisse ou au Burkina, la croisade d’Isabelle Chevalley contre les ONG

La conseillère nationale vaudoise Isabelle Chevalley en tenue africaine avec le président de l'UDC Marco Chiesa le 30 septembre à Berne lors d'une conférence de presse contre l'initiative pour des multinationales responsables. (KEYSTONE/Peter Klaunzer)

Pour lutter contre l’initiative «multinationales responsables», la conseillère nationale vaudoise a nourri la presse suisse avec l’enquête d’un journaliste du Burkina qui semble bancale. Plus largement, son implication au côté du parti au pouvoir à Ouagadougou et son passeport diplomatique burkinabè suscitent un malaise à Berne. Et lui valent les critiques de l’ex-ambassadeur suisse sur place, Thomas Litscher, ainsi que de Jean-Bernard Dubois, ancien directeur de la coopération suisse.

Depuis quelques semaines, Isabelle Chevalley la vice-présidente du parti Vert’Libéraux est devenue le visage de la campagne des opposants à l'initiative pour les multinationales responsables, sur laquelle les Suisses voteront le 29 novembre. Mais sa campagne a commencé bien plus tôt. En février 2019, elle publiait une tribune dans le Temps intitulée: «Lançons une initiative pour des ONGs responsables». La cause de la colère de cette conseillère nationale vert’libérale? Un rapport financé par l’ONG Solidar sur le rôle des poids lourds du trading de coton basés en Suisse, les compagnies Louis Dreyfus SA et Reinhart AG, dans le travail des enfants au Burkina Faso.

Pourquoi ce rapport lui pose problème. Ce rapport a indisposé Mme Chevalley pour au moins deux raisons. D’abord, il ajoute de l’eau au moulin des initiants qui estiment que les multinationales installées en Suisse doivent porter davantage d’attention aux droits humains et aux conséquences environnementales de leurs opérations à l’étranger. Ensuite, il concerne un pays, le Burkina, dans lequel Mme Chevalley s’est personnellement investie, depuis des années, et dont elle côtoie les dirigeants. Elle accuse donc Solidar de défendre en sous-main les intérêts des entreprises asiatiques qui se réjouissent de remplacer les firmes suisses au Burkina, et mène une campagne sans précédent contre cette ONG.

Sa croisade, qui s’intensifie à mesure que la votation se rapproche, provoque à son tour un malaise à Berne, on va le voir, que ce soit chez Thomas Litscher, qui a été jusqu’à l’an dernier ambassadeur de Suisse au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, Guinée, Libéria et au Sierra Leone ou chez Jean-Bernard Dubois, ancien directeur de la coopération suisse. Sans compter bien sûr les premiers concernés, Solidar Suisse, une ONG issue des milieux syndicaux, disposant d’un budget de 16,7 millions de francs, active dans une douzaine de pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine avec plus de 150 collaborateurs.

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