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Sur les traces d’une IA suisse à la conquête d’Hollywood

Fondateur de Largo, Sami Arpa présente cette IA à l'American Film Market./Heidi.news

Au cinéma, les IA ne sont plus seulement des personnages comme Skynet dans Terminator ou Her. Studios et plateformes de streaming se servent de l’intelligence artificielle pour augmenter les chances de succès de leurs films. La start-up lausannoise Largo.ai démocratise cette technologie pour les indépendants. En attendant que des IA génératives se mettent à faire des films.

La dernière fois que j’avais rencontré Sami Arpa c’était lors du Forum de la Fondation suisse ArtTech à Venise en septembre 2019. Finaliste avec sept autres de la compétition de start-up, son entreprise, Largo.ai, ne l’avait pas emporté ce jour-là. Un investisseur genevois m’avait même glissé qu’il voyait bien peu de chance à une petite boîte sortie de l’EPFL de décrocher la lune, autrement dit le monde fermé de l’industrie cinématographique, avec ses programmes d’intelligence artificielle capables de prédire les chances de succès d’un film.

Pourquoi cela ne s’est pas passé comme annoncé. Une pandémie plus tard, je retrouve Sami Arpa et Largo.ai à Los Angeles au American Film Market, pendant du marché du film du festival de Cannes. Mais sans le festival. S’il y a bien quelques projections dans des salles voisines, l’essentiel de l’action se concentre ici dans les suites de l’hôtel Loews de Santa Monica. Studios et maisons de production vendent aux distributeurs de films et aux TV le programme de l’an prochain.

Signe de l’importance de ce business, sur les sept étages de l’attique des dizaines de régions et de pays, du Tennessee à la Thaïlande en passant par l’inévitable Neom en Arabie saoudite et ses écrans de 15 mètres de long, font la pub de leurs avantages fiscaux pour attirer les tournages (et la lumière d’Hollywood).

La Suisse n’y est pas, mais Sami Arpa, si. Il est là pour faire un coup. Cela va marcher.

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L'American Film Market à Santa Monica./Heidi.news

Le coup du pitch. Habitué aux manifestations de start-up où les entrepreneurs ont trois minutes pour convaincre des investisseurs, Sami Arpa a organisé une forme de concours équivalent pour une trentaine de réalisateurs indépendants.

Tous utilisent les logiciels de Largo pour leurs projets de films. Ils se servent des prédictions statistiques élaborées par la machine pour convaincre de la valeur économique de leurs projets et l’améliorer.

A l’American Film Market, où les conférences publiques tournent plutôt autour des questions de représentations des minorités ou du futur de la production indépendante, l’entrepreneur romand a pris en quelque sorte les Américains à leur propre jeu en amenant les pitchs en trois minutes de la Silicon Valley à Hollywood.

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