Le réseau social favori des antivax européens racheté par le Kremlin

Le réseau social russe compte plus de 100 millions d'utilisateurs | DR

Le gouvernement russe a acquis la majorité des droits de vote au sein du réseau social VKontakte, l’équivalent russe de Facebook, écrit Le Monde. Le milliardaire russe Alicher Ousmanov a vendu 45% de ses parts de MF Technologies, la société qui détient le réseau social russe fort de 100 millions d’utilisateurs, à une filiale de l’entreprise d’Etat Gazprom.

En parallèle, Gazprombank, filiale financière du géant pétrogazier russe, a augmenté sa participation au groupe de 36% à 45%, avant de transférer le 3 décembre ses actions à la société Gazprom-Media, filiale média et communication du géant énergétique.

Pourquoi c’est intéressant. Comme le relève Le Monde, la transaction n’a pas une grande valeur économique: les deux filiales de Gazprom recevront moins de 5% des bénéfices de VKontakte. Il s’agit avant tout d’en faire un instrument d’influence. Gazprom-Media détient 38 télévisions et 10 radios.

Le géant pétrogazier russe a essayé de rassurer, affirmant que le réseau social resterait une entreprise indépendante. VKontakte a été créé par Pavel Dourov, qui est également à l’origine de la messagerie chiffrée Telegram, et a toujours essayé de soustraire ses plateformes au contrôle du pouvoir russe. En vain, comme le rappelle le quotidien français.

Pavel Dourov a quitté la Russie en 2014 et a acquis la nationalité française en août. Depuis, VKontakte a acquis la réputation d’être un réseau social totalement infiltré par les services de renseignement russes, le FSB.

Un réseau social apprécié des extrémistes occidentaux. En 2017 déjà, Le Temps consacrait un article à VKontakte, parce que le réseau social russe était une plateforme de choix des néonazis occidentaux. Cet intérêt pour les extrémistes s’est confirmé durant la pandémie. De nombreuses personnalités en vue des mouvements antivax et complotistes ont migré sur la plateforme russe face à la censure opérée par les sites occidentaux comme Facebook, Twitter et Youtube.

En 2020, le film complotiste Hold-up s’était notamment réfugié sur VK après avoir été banni de Facebook.

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