Réservé aux abonnés

Avec le Merge, Ethereum veut verdir les cryptomonnaies, mais à quel prix?

Image d'illustration | Creative Commons/ Flickr / Jernej Furman

Une cryptomonnaie peut-elle faire sa mue écologique? C’est comme cela qu’est parfois présenté le «merge» – ou fusion – d’Ethereum, véritable événement dans le petit monde feutré des cryptos, qui se déroule cette semaine. Ce changement fondamental a des implications multiples, mais l'une d'elle cristallise l'attention: en enregistrant différemment les opérations sur le réseau, Ethereum va-t-il réussir à créer une cryptomonnaie intrinsèquement plus «verte» que Bitcoin?

Pourquoi ce n’est pas si simple. Dans les technologies comme ailleurs, l’enfer est pavé de bonnes intentions. Au cours des dernières années, l’empreinte carbone des cryptomonnaies a été l’objet de toutes sortes de calculs – et parfois de fantasmes, tant l’exercice est délicat, décentralisation du réseau oblige. Car un kilowattheure d’électricité ne «pèsera» pas la même quantité de CO2 selon qu’il soit produit par un barrage suisse ou une centrale à charbon australienne… Avec le fonctionnement actuel de la plupart des cryptomonnaies, il faut donc savoir où se situent les différents mineurs (qui proposent les nouveaux blocs contenant les transactions), et quelle est l’origine de l’électricité qu’ils consomment.

Plusieurs estimations de l’empreinte carbone des cryptos ont été réalisées, parfois en la surestimant. Kyle McDonald, auteur en décembre 2021 d’un article en prépublication sur l’empreinte carbone d’Ethereum, estime par exemple les émissions du réseau Ethereum à actuellement 6,45 millions de tonnes équivalent CO2 par an — les fourchettes hautes et basses variant toutefois du simple au double. C’est ce type d’estimation qui a valu des titres catastrophistes au bitcoin, qui émettrait «autant de gaz à effet de serre qu’un petit pays».

A l’inverse, des estimations très (trop?) optimistes mettent régulièrement en avant la capacité de Bitcoin ou Ethereum à développer les énergies renouvelables. Mais la réalité est bien plus nuancée, comme nous l’expliquions dans un précédent article… en tout cas avec le fonctionnement actuel.

Lire aussi: L'empreinte écologique de Bitcoin, un terrain miné

De quoi on parle. La «fusion», cette mise à jour d’Ethereum, est attendue depuis de nombreuses années. Elle va modifier en profondeur l’algorithme de consensus sur lequel repose la célèbre cryptomonnaie, c’est-à-dire la manière dont les utilisateurs se mettent d’accord sans s’appuyer sur un intermédiaire de confiance. Ce changement est prévu depuis la création d’Ethereum, comme l’explique Abdelhamid Bakhta, développeur Ethereum et responsable de l’écosystème de StarkNet, une solution de mise à l’échelle d’Ethereum:

«Il y a une différence notable entre Bitcoin et Ethereum. Aujourd’hui, Bitcoin remplit déjà sa fonction en tant que système de paiement numérique et réserve de valeur, alors qu’Ethereum est en plein développement. Cette mise à jour est une étape très importante dans la feuille de route d’Ethereum pour devenir le premier ordinateur mondial décentralisé.»

Réservé aux abonnés

Cet article est réservé aux abonnés.

Déjà abonné(e) ? Se connecter