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VIDÉO - Le populisme expliqué par le Roi Lion

Certains voient dans les émeutes du 6 janvier au Capitole de Washington l’épilogue d’un mandat présidentiel marqué par le populisme, à l’image du média américain The Conversation. Comme Donald Trump, Scar est-il un leader populiste? C’est le sujet de ce bonus de PopScience, à découvrir ci-dessus.

Même si le Roi Lion de Disney raconte l’histoire d’une monarchie, où le pouvoir se passe de père en fils, plusieurs lectures peuvent être faites. L’une d’elle? Scar est en fait un populiste tentant de renverser l’élite.

Ce qu’il faut savoir. Comme l’explique Nenad Stojanovic, spécialiste des mouvements populistes à l’Université de Genève, «il y a deux éléments principaux qu’on retrouve dans tout parti populistes:

  • l’anti-élitisme: “Qu’importe ce que je vote, ils feront ce qu’ils veulent”

  • l’anti-pluralisme “avec moi, ou contre moi”.

Chez Disney, Scar représenterait la force populiste. Son frère, le Roi Mufasa incarnerait l’élite, mais Nenad Stojanovic précise:

«Il y a des éléments populistes un peu partout, c’est une question de degré que l’on peut déterminer en analysant les discours et les programmes politiques.»

Même Mufasa, Simba ou Timon et Pumba peuvent être légèrement populistes.

«Dans le discours populiste, on n’admet pas le pluralisme. Mais dans les faits le peuple n’est pas vraiment homogène», continue Nenad Stojanovic.

Un public bien ciblé. Il est clair que les personnages des hyènes, repoussées par le pouvoir de Mufasa dans le Cimetière des éléphants, forment un peuple qui ne se sent «pas représenté par le pouvoir», uni sous la coupole de Scar, en lider maximo. Ensemble, ils veulent retourner le pouvoir, en tuant l’élite: Mufasa.

Mais Scar représente-t-il un populisme de gauche ou de droite? Difficile à dire. Explications:

«A droite, le peuple est souvent un peuple ethnique, implicitement ou explicitement, plutôt nationaliste. A gauche, le peuple c’est l’ensemble des citoyens, des ouvriers avec des notions souverainistes.»

Si Simba n’avait pas accédé au pouvoir, on peut imaginer que Scar aurait la tentation de ne pas «admettre les opinions divergentes», comme l’explique Nenad Stojanovic, ce qui prend diverses formes:

  • contrôler le paysage médiatique

  • entraver la libre formation des mouvements et partis

  • entraver la justice indépendante

Dans la réalité, les discours populistes peuvent aussi bien accéder au pouvoir grâce à la démocratie. C’est le cas en Hongrie, aux Etats-Unis ou en Autriche.

Et en Suisse? Puisque des éléments populistes peuvent se retrouver dans tous les mouvements politiques, Laurent Bernhard, de la revue suisse de science politique a analysé le potentiel populiste de chaque parti. Bilan:

  • MCG: 87%

  • Lega: 85%

  • UDC: 75%

  • PLR: 23%

  • PDC: 15%

  • PS: 13%

  • Les Verts: 5%

Quelle note aurait Scar?