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«On pourrait imaginer un salaire de base pérennisé comme nouveau modèle»

Anne Papilloud | Jean-Patrick di Silvestro / Le Courrier

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Le 16 janvier dernier, le canton de Zurich introduit un nouveau modèle d'indemnisation pour soutenir les artistes: un revenu de remplacement mensuel de 3840CHF, valable jusqu'à la fin avril 2021. Cette initiative engagée a été applaudie par de nombreux acteurs et actrices culturel·le·s de Suisse romande. «C’est une mesure rapide, non-bureaucratique, à l’image de ce qu’avait proposé l’Allemagne dès le premier confinement», réagit Anne Papilloud, secrétaire générale du Syndicat suisse romand du spectacle.

Nombreuses demandes. Anne Papilloud, c'est un peu «la femme qui murmure à l’oreille du milieu culturel pour toute question administrative ou juridique». Sur Facebook, son nom est sur tous les claviers. La cinquantenaire prend d’ailleurs le temps de répondre à la majorité des demandes de celles et ceux perdu·e·s dans les méandres du système. «J’y travaille depuis des années et je fais encore des découvertes majeures! Par exemple, je suis tombée sur une information à propos d’une aide-chômage pour les indépendant·e·s, inscrite depuis 50 ans dans la Constitution. Cette disposition doit être aujourd’hui mise en acte, plus que jamais avec le Covid qui paralyse tous les secteurs!», souffle-t-elle.

Membre de la task force romande, elle précise que, dans les régions francophones, une série de bourses de recherche et développement ont émergé, avec la même vocation d’apport financier que la démarche zurichoise. «Le but est de rémunérer les travailleurs et travailleuses de la culture pour des activités qui étaient encore hélas bien souvent non-payées».

Un meilleur dialogue. Grande différence cependant, il faut passer un processus de sélection via une commission pour obtenir ces bourses. L’option «revenu de base» touche davantage d’artistes. «C’est vrai, cela donne davantage l’impression d’un droit acquis à Zurich. Mais notre système de bourses romandes a aussi pour objectif d’aider le plus grand nombre. Et surtout, nous incluons aussi les autres professions de la culture, pas uniquement les artistes.» A titre d’exemple, l’Etat du Valais a déboursé 1,5 millions pour son action, retenant au final 70 projets (sur 173) soutenus en moyenne avec une enveloppe de 20’000 francs.

Quel que soit le concept, l’idéal pour Anne Papilloud est que ce type d’initiatives se répande aussi dans les villes. «On pourrait imaginer que cet élan se pérennise comme nouveau modèle après la crise.» Une crise encore synonyme de fermeture pour les arts mais qui aura «au moins» - selon les termes de cette référence de l’administration culturelle - favorisé un meilleur dialogue avec le monde politique. «Je félicite la cohésion de l’ensemble des associations professionnelles. Si j’ai pu survivre ces 9 derniers mois vu la montagne de travail à accomplir, c’est bien grâce à nos riches échanges au quotidien.»

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